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SARAH

Fiche Annotation
Méthode Analyse Prolongements

Thématiques

Corps, Sexualité, Sexisme/Violence, Harcèlement/ Cybersexisme, Couple

Niveaux

Collège, Lycée

Sarah est un film d'atelier tourné au lycée Maurice Ravel à Paris en 2015.

Générique du film :

Sarah : Elya Ruben

Valentin : Adam Ollivier

Scénario Mathilde Vastra, Marilou Maury

Cinématrice : Pascale Diez

Financeurs : Région Ile-de-France, Association Boléro

Atelier cinéma Créteil, avril 2015

Intention pédagogique

Prendre conscience du cybersexisme, de ses mécanismes et de ses conséquences.

 

Pistes d'exploitation

Regarder le film séquence par séquence et utiliser tout ou partie des questions qui sont proposées dans la partie ANNOTATION.

L'ANALYSE ci-dessous en reprend les principaux éléments. Chercher notamment comment le cours du film pourrait-être changé si certain(e)s élèves prenaient parti pour Sarah. La projection du film peut donner lieu à un débat en classe.

Dans la partie PROLONGEMENTS vous trouverez des propositions pédagogiques complémentaires ainsi que des ressources documentaires.

 

Introduction

Définitions

(source : Centre Hubertine Auclert. Centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes)

Cybersexisme:

Des faits qui font violence aux individus, se déploient à travers le cyberespace, contaminent l’espace présentiel ou réciproquement et qui visent à réitérer les normes de genre ciblant distinctement garçons et filles ; bref, à mettre ou à remettre chacune et chacun à la "place" qui lui est assignée dans le système.

Cyberharcèlement:

Acte agressif, intentionnel, perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électronique (courriels, SMS, réseaux sociaux, jeux en ligne, etc.), de façon répétée à l’encontre d’une victime. Ces actes de violences psychologiques peuvent prendre des formes variées : insultes, dénigrement, propagation de rumeurs, menaces en ligne, etc.

 

Quelques chiffres (2016)

(source : Centre Hubertine Auclert)

  • 20% des filles (13% pour les garçons) rapportent avoir été insultées en ligne sur leur apparence physique (poids, taille ou de toute autre particularité physique).
  • 17% des filles (et 11% des garçons) déclarent avoir été confrontées à des cyberviolences à caractère sexuel par le biais de photos, vidéos ou textos envoyées sous la contrainte et/ou diffusées sans l’accord et/ou reçues sans en avoir envie. Cela concerne ainsi près de 3 filles et 2 garçons dans chaque classe.
  • Aujourd’hui, la sociabilité des adolescents et adolescentes passe par la mise en scène et l’exposition de soi notamment via les réseaux sociaux. A travers la diffusion virale de selfies dénudés, les garçons gagnent en popularité, et les filles sont jugées de manière négative et insultées.

 

Introduction

Pourquoi travailler sur le harcèlement ?

 En Ile-de-France, une lycéenne sur quatre déclare avoir été victime d’humiliations et de harcèlement en ligne, notamment concernant son apparence physique ou son comportement sexuel ou amoureux (source : Centre Hubertine Auclert)

Si le harcèlement, notamment en milieu scolaire a malheureusement toujours existé, les nouvelles technologies lui donnent un impact démultiplié : d’un seul clic, souvent de façon anonyme, une photo, un tweet sont partagés par des centaines, parfois des milliers de personnes. Le harcèlement ne s’arrête pas au collège ou au lycée, il continue 24h sur 24, s’amplifiant à l’infini. Parfois à l’initiative d’une personne qui cherche à accroître sa popularité, parfois fruit d’une vengeance ou d’une rivalité parfois relayé sans vraiment y penser par des camarades qui trouvent ça « drôle » celui ou celle qui en fait l’objet est moqué (e), ridiculisé(e), ostracisé(e), rejeté(e), harcelé(e)…

Il ou elle est seul(e) face un groupe et souvent a honte, se sent coupable.

 

Beaucoup d’élèves ont été harcelés ou ont eux même participé à un acte de harcèlement, souvent sans vraiment en mesurer les conséquences, parfois seulement en restant silencieux. L’excuse du « c’est pour rigoler » sert d’alibi à ceux qui refusent de voir la gravité de leurs actes.

Les filles comme les garçons en sont l’objet : un détail physique (couleur des cheveux, forme du nez ou des oreilles, poids,…) une attitude jugée comme non-conforme (intello, habits n’appartenant aux codes identifiés,…) orientation sexuelle réelle ou supposée, réputation (tout particulièrement pour les filles), origines,… sont autant de points de départ d’attaques répétées : sous forme de violences physiques, verbales, d’actes malveillants, de diffusion d’images et de commentaires moqueurs ou injurieux, de diffusion d’images privées dans la sphère publique, des actes qui ont des répercussions dramatiques sur ceux qui en sont victimes : isolement, manque de confiance en soi, peurs, somatisations, suicide,…

 

Les violences physiques accompagnent régulièrement les phénomènes de harcèlement ; parfois filmées, pour ridiculiser encore plus la victime à qui on n’a pas laissé la moindre chance de se défendre, les images sont diffusées sur les réseaux sociaux et nourrissent commentaires et insultes.

 

Le cyber-sexisme est la vitrine du sexisme sur les réseaux sociaux et est surtout subi par les filles : les garçons tenus par une compétition absurde d’injonction à la virilité se doivent de multiplier les photos dénudées, les conquêtes. Ils doivent prouver qu’ils ne sont plus puceaux et surtout pas homos. Le garçon qui refuse de participer est rejeté, traité de « pd ». Les filles ont intériorisé ces inégalités, elles peuvent accepter les demandes des garçons et se retrouvent rapidement avec des réputations de « salope « de « pute », réputations qui peuvent tout aussi bien naitre de vagues rumeurs.

De nombreux courts-métrages abordent ces questions : le récit filmé permet une distanciation qui peut permettre aux élèves de commenter plus librement. Il est important que chacun puisse s’exprimer.

Dans ces films, et notamment ceux écrits et réalisés par des élèves, plusieurs constantes :

            l’absence des adultes : l’ado harcelé garde tout pour lui, il ne « rapporte » pas aux enseignants ou aux CPE, il ne dit rien à ses parents : il est seul

            la tragédie : la majorité des histoires finit mal. Les adolescents ont bien conscience qu’une pression aussi forte peut avoir des conséquences tragiques, les suicides d’adolescents suite au cyber harcèlement sont bien réels.

            Celui qui se tait est complice.

 

Vous trouverez ci-dessous des éléments pour préparer une animation en classe autour de ce thème ainsi que des propositions d’analyse de films.

Eléments d'analyse par séquences, questions et éléments de réponses

1ère séquence : Parc
Quelle est la situation ? Quels en sont les acteurs? Quelle est leur relation?

Un garçon (Valentin) et une fille (Sarah) se tiennent enlacés sur un banc dans un square. Ils évoquent la rentrée scolaire et leur nostalgie des vacances à Marseille. Il lui demande de voir les photos de vacances. Elle lui montre une photo d’elle en maillot de bain (prise vraisemblablement par lui) et lui dit qu’elle l’a mise en photo de profil Facebook. Il la trouve un peu "osée". Elle lui fait remarquer que sur sa photo à lui il est torse nu pour faire admirer ses muscles.
"On est au 21ème siècle." ajoute-t-elle.

Que veut-elle dire ?


2° séquence : Cours du lycée.
Raconter.

Une fille sur un banc, consulte son téléphone ; elle s’esclaffe "Mais quelle pute celle-là !"
Elle est rejointe par un groupe de filles et garçons qui ont la même réaction: "Quelle pute ! Dégueulasse !..."

Pourquoi réagit-t-elle comme ça ? (pourquoi traite-t-elle Sarah de « pute »)

Ca ne se fait pas ? (sous-entendu : c’est la norme, on ne montre pas trop son corps en photo, si on le montre c’est indécent ou c’est du racolage).
C’est le fait que ce soit la photo de profil facebook ?
Elle est jalouse ?
Elle n’aime pas Sarah ?

Comment choisit-on sa photo de profil facebook ? Qu’est-ce qu’il est important de montrer de soi ? De cacher ? Y-a-t-il des codes ? Lesquels ?
Pourquoi les autres renchérissent-ils/elles ?

C’est un phénomène de groupe : pour être liés il faut être soudés autour des mêmes valeurs ou des mêmes normes, (ici c’est : celle qui montre son corps sur internet est une "salope") ; l’exclusion d’un membre du groupe peut jouer un rôle d’élément réunificateur, il soude les membres du groupe entre eux. Pour ne pas être en reste (ne pas être exclus) chacun y participe en surenchérissant.

D'autres réactions sont-elles envisageables ?

Bien sûr ! Chacun/ne a le choix de ne pas adhérer à cette croyance, le choix de ne pas renchérir, le choix de ne pas propager de rumeur, le choix de défendre une personne injustement rejetée.

Imaginer et écrire ce que pourrait dire une des personnes de ce groupe aux autres :

Elle/il pourrait leur dire qu’elle/il n’est pas d’accord, que c'est juste une photo de vacances, que Sarah est une élève comme eux, qu'elles/ils la connaissent depuis longtemps, que diffuser et propager des rumeurs sur elle ne peut que lui faire du mal sans rien apporter à personne, qu'elles/ils pourraient aller la voir pour lui en parler etc… tout ce qu’elle pourrait dire pour que le groupe se ressoude autour de la défense de Sarah.

 

3° séquence : Lycée

Sarah surprend des regards insistants. Elle salue une groupe de filles qui la snobent. Elle va voir un autre groupe de filles qui l'ignorent. Elle demande à une fille ce qui se passe et on lui répond "Elles ont pas apprécié ta photo."

Dialogue:

S: Qu’est-ce qu’elle a ma photo ? C’est pour ça que tout le monde me regarde depuis tout à l’heure ?
T’as abusé.
T’es vachement provocante dessus
S: Mais qu’est-ce qu’il y a de provocant ? C’est pas comme si j’étais à poil sur internet !
On voit tes formes ! Tous les mecs ils parlent que de toi depuis ce matin
C’est ce que tu cherchais de toutes façons !
S: Mais pas du tout ! Qu’est-ce que vous êtes en train d’imaginer ? Vous faites chier !
Elle est malade celle-là ! Connasse !
Pourquoi les filles lui en veulent ?

Jalousie ? Parce que Sarah est jolie ? Parce que les garçons parlent d’elle ? Parce qu'elle est au centre de l'attention ? Parce qu’elle n’a pas respecté un code ?

Pourquoi les autres filles pensent-elles qu’elle cherche forcément à se faire admirer par les garçons ?
Pourquoi dissimuler ses formes alors que la mode, les magazines, les blogs, les chaînes youtube, etc… poussent au contraire les filles à être sexy ?
N’est-il pas possible de mettre une photo de soi en maillot de bain, témoignage d’un bon moment de vacances, en profil facebook ? Pourquoi ?
En quoi être fière de son corps est-il critiquable ?

A noter : les autres filles ne sont pas les dernières à participer au dénigrement et au rejet de Sarah.

 

Séquence 4 : Chambre de Sarah

Elle est assise sur son lit.

Elle reçoit des messages : "Tu me dégoûtes; Tu es une salope; Comment tu peux faire ça ? Et ton mec tu le respectes un peu ? Aucune estime de toi vraiment ! Espèce de pute!"

Relever le vocabulaire; noter la disproportion entre l’intention (témoigner d’un bon moment de vacances) et les réactions.

Noter l'enchaînement des SMS, leur violence.

Via les réseaux sociaux le harcèlement a un impact démultiplié; il permet aussi à ceux qui y participent de se cacher derrière leur écran et de ne pas faire face directement aux conséquences de leur violence.

Elle appelle Valentin en pleurs. Il la rassure, lui dit que les autres sont jalouses parce qu’elle est jolie. Elle ne comprend pas pourquoi une photo en maillot de bain suscite de telles réactions alors que sa photo à lui torse nu n’appelle aucune critique:

Dialogue:

Moi c’est différent, je suis un mec, c’est pas du tout pareil !
S: En quoi est-ce différent ?
Je sais pas, ça peut provoquer les mecs.
S: Mais pas du tout ! C’est injuste !
Je sais bien que c’est injuste mon amour.
S:Désolée, c’est pas comme ça, je reçois des insultes depuis tout à l’heure.
T’en fais pas, demain ils auront tout oublié et ils auront quelqu’un d’autre à emmerder avec leurs histoires.
En quoi est-ce différent?
L’injustice : pourquoi un garçon qui poste une photo de lui torse nu est-il toléré, voire admiré, alors que c’est l’inverse pour une fille qui ne peut même pas se montrer en maillot de bain?
 

Séquence 5 : Salle de permanence

Valentin,  trois copains lui parlent de Sarah:

Comment ça se passe avec ta salope ?(elle a perdu son prénom)
Arrête un peu, t’es lourd.
Quelle serait la réaction adéquate de Valentin (on insulte sa copine) ?

Je t'interdis de parler d'elle comme ça; tu la fermes, c'est ma copine, je l'aime, tu la respectes; etc.

Il n'y a aucune justification aux insultes.

Suite du dialogue:

Il se passe quoi ?(on lui montre la photo).
Mademoiselle s’est exhibée sur Facebook (notez le verbe employé).
Chaud quand même !
Moi j’ai transpiré !
Que penser d'un garçon qui "transpire" en regardant la photo d'une fille en maillot de bain ?

Suite du dialogue:

V: Ta gueule toi aussi ! Qu’est-ce qu’elle a la photo ? Elle est très bien, c’est moi qui l’ai prise. Il est où le problème ?
On voit ses formes ! Elles sont charmantes mais…
Le problème c’est que c’est une photo de profil ! Elle cherche forcément des trucs de cul.
C’est clair, il a raison. Elle a forcément des trucs derrière la tête !
V: Ben elle a quoi derrière la tête ? tu veux dire, elle cherche plus ?


Image de Valentin silencieux :

Imaginer ce qui peut lui passer par la tête

Et si c’était vrai ? Si en fait elle cherchait d’autres mecs ? Si je ne lui suffisais pas ? Si j’étais le dernier à me rendre compte que c’est vraiment «une pute»? Et si tout le monde se fout de ma gueule au lycée ? Elle me fout la honte..

Valentin se laisse convaincre par le groupe allant contre sa propre interprétation, contre ses sentiments.

 

Séquence 6 : Le parc

Valentin rejoint Sarah:

Dialogue:

C’est à propos de ta photo.
S: M’en parle pas ! Tout le monde me harcèle avec ça.
Justement, avec toute cette histoire ça a un peu changé mon regard par rapport à toi, par rapport à la photo.
S: Comment ça ?
En ayant mis cette photo en photo de profil ça donne l’impression que tu cherches à attirer l’attention sur toi.
S: Pas du tout ! Qu’est-ce que tu racontes ! Justement cette photo tu sais très bien je l’ai mise pour montrer nos vacances à tous les deux cet été.
Elle est très bien ! c’est juste que le fait de l’avoir mise en photo de profil ça fait un peu « Admirez mon corps ! ».
S: Mais toi quand tu mets des photos de toi torse nu sur Facebook ça fait pas « admirez mon corps » peut-être ?
Mais c’est pas du tout pareil ! Tu peux comprendre que j’ai pas envie d’être le copain d’une fille qui s’est exhibée (il reprend le terme employé par son copain dans la scène précédente) sur Facebook et qui est envié par tous les mecs du bahut.
S: Là tu exagères ! Ca veut dire quoi ?
De toute façon j’y arrive plus trop, je pense qu’il faudrait qu’on s’éloigne quelque temps.
Expliquer le comportement de Valentin :

Finalement l’opinion des autres (des pairs) a plus d’importance pour lui que ses convictions ou ses sentiments à tel point qu’il est maintenant convaincu que l’intention de Sarah en postant sa photo était d’attirer l’attention sur son corps ; il ne supporte pas d’être ridiculisé en étant le copain de la « salope » du lycée, ni de voir les autres garçons baver devant la photo ; il ne témoigne d’aucun courage, d’aucune maturité, il ne cherche à aucun moment à désamorcer le processus de harcèlement et d’exclusion dont elle fait l’objet.
Il rejoint le groupe de peur d’être isolé et rejeté lui-même ; il l’abandonne sachant qu’elle est victime de harcèlement.

Rédiger le message qu’il pourrait diffuser sur les réseaux sociaux pour au contraire prendre position.
 

Séquence 7 : Devant le lycée

Sarah fume près d’une grille en regardant son téléphone ; 3 garçons arrivent, un lui met la main aux fesses et la coince contre la grille.

Commenter le geste; insister sur sa gravité, sur sa violence. 

Qu'est-ce qu'une agression sexuelle?  (voir aussi plus bas)

Dialogue:

S : Ca va pas ! t’es malade ? !
On peut faire connaissance !
S : Ca va pas ! D’où tu te permets de me mettre une main au cul comme ça, t’es malade !
On sait très bien que c’est ce que tu veux !
S: T’es fou ! Ca va pas !
On a tous vu tes photos à poil sur Facebook qui tournent… vas-y casse toi
S: Connard !


Elle part.

Comment interpréter cette scène ? Comment la situation de départ (poster une photo de profil facebook) peut-elle dégénérer et entraîner une agression sexuelle?

L’engrenage. Les photos en maillot de bain sont devenues des photos « à poil », Sarah est devenue une "pute" et pour les élèves il semble qu’une "pute" ne doit pas être respectée.
Il est bon de rappeler que l’on doit du respect à tous les êtres humains sans tenir compte de leur âge, orientation sexuelle, sexe, origine, etc… Il semble par ailleurs (après consultation de divers forums/chats adolescents), que le mot prostituée évoque une personne qui se fait rétribuer pour des actes sexuels alors que le mot "pute" évoque une fille qui a couché avec plusieurs garçons, ou qui cherche (ou qui parait chercher).

Comment considère-t-on le garçon qui cherche ou qui couche avec plusieurs filles ?

Comment expliquer une telle différence dans les jugements? Sur quoi repose une telle inégalité ?

Une fille qui sort avec plusieurs garçons est considérée comme une "pute", une "salope" alors que les garçons bâtissent leur réputation sur leur nombre de conquêtes, ce sont des "beaux gosses", ils sont populaires. C’est aussi très compliqué pour les garçons qui ne veulent pas s’inscrire dans ces codes et qui sont dépréciés ("puceau", "pédé").
Les filles participent tout autant à ce système, ayant intégré ces stéréotypes et les comportements qui vont avec.
Ici Sarah est considérée comme la fille "qui cherche" donc comme un objet à prendre, offerte au bon vouloir de celui qui en a envie. Elle subit une agression sexuelle et il semble que le garçon considère son geste comme "normal", qu’il le justifie en considérant qu'il répond à une demande sous-jacente.

Chacune/chacun  a partipé à l'exclusion pour ne pas prendre le risque d'être exclu elle/lui-même. Sarah est seule.

Définition : Qu'est-ce qu'une agression sexuelle?
http://agressionssexuelles.gouv.qc.ca/fr/mieux-comprendre/index.php

Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s'agit d'un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l'utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l'intégrité physique et psychologique, et à la sécurité de la personne.

Les agressions sexuelles sont punies par la loi.

 

Séquence 8 : Appartement de Sarah

Elle ouvre la fenêtre.

TEXTE : EN 2013 UNE ADOLESCENTE SUR 5 A TENTE DE SE SUICIDER

Que penser de cette fin ?
Imaginer la réaction des élèves le lendemain ; celle de Valentin.
Ecrire la lettre d’adieu de Sarah.
Sarah a-t-elle d’autres alternatives ? Lesquelles ?

Les lister et discuter de chacune. Expliquer pourquoi selon vous elle n’y a pas recours.

Quitter le lycée (c’est la victime qui cède et qui est pénalisée) et il faut d’abord en parler aux parents.
Le harcèlement isole : il semble qu’elle n’ait aucun(e) ami(e) vers qui se tourner.

Comment parler, se confier à quelqu’un pourrait-il l’aider ?

On ne voit Sarah parler avec aucun adulte, ce qui est souvent le cas dans la réalité.
Pourquoi ? Que se passerait-il si elle parlait à ses parents ? Ses frères/sœurs plus âgés ? Un prof ? Un CPE ? Elle pourrait aussi porter plainte à la police ou faire appel aux associations spécialisées.

Reprendre de façon schématique l’engrenage tragique : photo de vacances (ils sont amoureux)/ Post sur Facebook/ rejet, condamnation, harcèlement violent/son copain la quitte/elle est agressée sexuellement/elle se suicide.
"Morte pour une photo de vacances." Ecrire un article sur l"histoire de Sarah".

 

Complément

Proposer une discussion (élèves de lycée) autour des relations sexuelles filles/garçons et tous les préjugés qui sont véhiculés.

Extrait de "Vers la tendresse" un documentaire d'Alice DIOP, César du Meilleur Film de court-métrage 2017 dans lequel plusieurs hommes témoignent :
https://www.tenk.fr/cite/vers-la-tendresse.html

(La réalisatrice): C’est quoi une salope ?
Une meuf qui s’en bat les couilles.
Qui s’en bat les couilles de quoi ?
Qui s’en bat les couilles de se faire fourrer. C’est des putes c’est tout, c’est des salopes. Je suis un salaud aussi. Je les traite de salope mais je fais partie de ce monde là, faut pas faire l’égoïste, je suis un salaud aussi. C’est pas seulement la meuf qui est pute et toi t’es propre, c’est pas possible. C’est les deux. Faut un crasseux et une crasseuse."

Autres propositions sur Genrimages

Pour les élèves de collège, vous pouvez, sur le même sujet, regarder et étudier le clip Maux d'enfants accompagné d'une fiche pédagogique :

MAUX D'ENFANTS

 

Voir aussi sur l'image de soi sur les réseaux sociaux : 

Image de soi sur les réseaux sociaux 


Sur le harcèlement: un film d'animation qui renverse les rôles :

 
https://www.youtube.com/user/LascarsMillimages/videos

 


Et une vidéo (11'26) réalisée par une Youtubeuse, Shera Kerienski :

Autres propositions pédagogiques

Autres films

  • Les rumeurs. Agir contre le harcèlement à l’école. 2'37

https://www.youtube.com/watch?v=g-dI_RFSFbc
Une lycéenne est intimidée physiquement par un autre élève, pour l’inciter à se rendre chez lui après les cours. Dans la classe, les rumeurs sur la "réputation" de la jeune fille circulent allant jusqu’à la qualifier de "pute". Thomas, témoin, intervient pour montrer son désaccord.
Fiche pédagogique:
https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/11/2015-Non-au-harc%C3%A8lement-Guide-p%C3%A9dagogique-clip-les-rumeurs.pdf
(pages 9 et 10)

 

  • Les injures. Agir contre le harcèlement à l’école. 1’48

https://www.youtube.com/watch?v=kTJoyhprYWc
Une photo d’un élève "trop" gros fait le tour du lycée. Victimisé, moqué à cause de son physique, sans moyen de se défendre, il est la risée du collège jusqu’à ce qu’un de ses camarades s’en mêle.
"C’est pour rire" disent les harceleurs .
La fiche pédagogique:
http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/wp-content/uploads/2016/03/2016_non_harcelement_cahier_activites_int.pdf
(page 14)

  • Les claques, Agir contre le harcèlement à l’école. 2’41

http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ressources/outils/les-claques-film-de-sensibilisation
Dans ce film de sensibilisation, destiné à des collégiens de 4ème, 3ème ou à des lycéens, un élève est bousculé dans la cour et chahuté en classe. Ce film permet de travailler sur l’oppression conformiste dans le processus de harcèlement.
Fiche pédagogique:
http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/11/2015-Non-au-harc%C3%A8lement-Guide-p%C3%A9dagogique-clip-les-claques.pdf

  • Tu seras un homme mon fils
    Un film issu d'une campagne de la Fondation des Femmes pour sensibiliser à la question de l’éducation des garçons dans la lutte contre les inégalités et les violences faites aux femmes :
    https://youtu.be/q1e6rFT8E4c


Visuels à commenter

Ces affiches contre le harcèlement à l'école et le harcèlement de rue serviront de support à des recherches/exposés/débats autour de ces thématiques.




Visage en gros plan d'un jeune homme dont la bouche est fermée par un cadenas. Au-dessus le mot "Harcèlement" est encadré, au-dessous le slogan "En parler, c'est se libérer. Soyons plus forts que la violence". Un jeune, en sweet bleu à capuche, cache son visage de ses mains. Autour de lui six mains tendues, doigt pointé ou billets tenant des billets. En-dessous le mot "Harcèlement" en gros caractères, entre deux lignes de texte : "Je n'ai pas osé en parler" et "Toi aussi tu peux en devenir la cible".


Un trait rouge évoque le plan d'une ligne de métro dont le nom des arrêts est remplacé par un mot ou une expression évoquant le harcèlement "C'est quoi ton numéro?", "Ta petite jupe c'est pour moi?", "T'es bonne, tu m'excites" ... Le nom du terminus est "Stop, ça suffit"? Au dessous le slogan "Stop ça suffit"! "Le plan contre le harcèlement dans les transports".


Su fond orange, est taguée, en lettre noires" l'inscription "Dans "Non" c'est quoi que tu comprends pas??"


Documentation

 

Sites

Compte Instagram

#StopFisha
Association féministe de lutte contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelle
https://www.instagram.com/stop.fisha/?hl=fr

 

Etude

Le cybersexisme chez les adolescent-e-s (12-15 ans). Etude sociologique dans les établissements franciliens de la 5e à la 2nde. Centre Hubertine Auclert. 2016.
https://www.centre-hubertine-auclert.fr/outil/etude-le-cybersexisme-chez-les-adolescent-e-s-12-15-ans-etude-sociologique-dans-les

Flyer

Sur internet aussi le sexisme est une violence :
https://www.centre-hubertine-auclert.fr/sites/default/files/fichiers/flyer-cybersexisme-web.pdf

Guide

Guide d'information et de lutte contre les cyber-violences à caractère sexiste
Ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes :
http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/guide-dinformation-et-de-lutte-contre-les-cyber-violences-a-caractere-sexiste/

Articles

 

Extrait :

"Néanmoins, des stéréotypes pèsent, selon les spécialistes et les enquêtes sur le sujet, passées en revue par le HCE. « Les jeunes filles subissent la double injonction de devoir se montrer désirable mais respectable, “être amoureuse” étant un prérequis pour ne pas devenir celle qui “couche” trop vite avec “n’importe qui”, écrit le HCE.

Les jeunes hommes sont quant à eux valorisés selon une norme de virilité, et notamment une appétence supposée naturelle pour la sexualité, associée à un “besoin sexuel” ». Les individus qui n’entrent pas dans la norme, notamment quand ils sont identifiés comme homosexuels, peuvent subir des discriminations."

 

Extrait

"Quelles particularités revêt le shaming en ligne par rapport au harcèlement vécu hors ligne?

Sur le fond, le discours est le même : il s’agit toujours de violence verbale, celle de la disqualification du comportement ou de l’apparence physique de quelqu’un. C’est sur la forme que les choses diffèrent : alors que hors ligne, les effets peuvent être réduits par l’identification possible de l’auteur des paroles disqualifiantes, le nombre d’auditeurs, forcément réduit et, éventuellement, la possibilité d’une réponse ou d’une sanction à son égard, en ligne, les choses se passent autrement.

La viralité de la communication numérique augmente exponentiellement le nombre des auditeurs/témoins, le dispositif de pseudonymat rend quasi impossible l’identification de l’auteur des paroles violentes, qui, n’ayant lui-même pas de contact direct avec sa victime, subit ce qu’on appelle « l’effet cockpit ». Comme un pilote d’avion lâchant une bombe, il ne mesure pas l’impact de son acte et cela le prive de l’empathie pour l’autre qui fait normalement partie de la sociabilité humaine.

Le développement des communications sur Internet a sans doute augmenté les effets et les échos du shaming, et c’est sans doute pour cette raison que le phénomène a été désigné par un nom, ce qui n’était pas le cas avant les années 2010 (l’expression et ses composés se développent approximativement autour de cette date)."

 

Rapport, Etude

Eric Debarbieux , Le harcèlement à l'école : définition et conséquences
https://www.maif.fr/content/pdf/enseignants/votre-metier-en-pratique/discipline/maif-harcelement-ecole-debarbieux-eric.pdf

Rapport relatif à l’éducation à la sexualité. Répondre à l’attente des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes :
https://www.vie-publique.fr/rapport/35757-rapport-relatif-leducation-la-sexualite-repondre-aux-attentes-des

Extrait de la Synthèse:

"Si les âges des filles et des garçons au premier rapport sexuel se sont rapprochés, des inégalités filles-garçons et représentations empreintes de stéréotypes et rôles de sexe sont très fortes en matière de sexualité.

L’entrée dans la vie amoureuse est un moment révélateur des inégalités entre les filles et les garçons et des rôles attendus pour chacun.e.

Les jeunes hommes sont valorisés selon une norme de virilité, les jeunes femmes subissent la double injonction de devoir se montrer désirables mais «respectables». Les relations amoureuses et sexuelles des filles sont particulièrement surveillées.

Les stéréotypes de sexe favorisent des violences sexistes sous diverses formes, touchant en particulier les jeunes femmes : harcèlement via les réseaux sociaux, agression sexuelle, prostitution, harcèlement dans les transports, mutilations sexuelles, violences au sein du couple, etc.

Les phénomènes de réputation et de harcèlement sexiste sont amplifiés par la viralité desréseaux sociaux, qu’utilisent neuf adolescent.e.s sur dix.

En Ile-de-France, une lycéenne sur quatre déclare avoir été victime d’humiliations et de harcèlement en ligne, notamment concernant son apparence physique ou son comportement sexuel ou amoureux.

Les jeunes, et en particulier les filles, méconnaissent leur corps, et le plaisir féminin reste tabou : 84% des filles de 13 ans ne savent pas comment représenter leur sexe alors qu’elles sont 53% à savoir représenter le sexe masculin, et une fille de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris.

La responsabilité de la prévention des grossesses non désirées et des maladies sexuellement transmissibles continue de peser principalement sur les filles et les femmes."

Sur les réseaux sociaux

Image de soi et réseaux sociaux : De nos penderies à nos ordis , Serge Tisseron https://www.calliege.be/salut-fraternite/79/image-de-soi-et-reseaux-sociaux-de-nos-penderies-a-nos-ordis/

 

 

Un document ARTE (jusqu'au 04/12/2021)

#Sale pute
https://www.arte.tv/fr/videos/098404-000-A/salepute/

Florence Hainaut et Myriam Leroy, deux journalistes belges cyberharcelées, recueillent les témoignages d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, (dont la chroniqueuse de 28 minutes Nadia Daam, l’humoriste Florence Mendez ou encore l’auteure Pauline Harmange), elles aussi insultées et menacées sur le Net. En partant des messages malveillants reçus par ces dernières, le duo de réalisatrices enquête sur la prolifération de la haine en ligne auprès de différents spécialistes de la question, qui décryptent les aspects sociologiques, juridiques ou encore sociétaux du cyberharcèlement.

 

Livres

Emmanuelle Piquet, Le harcèlement scolaire en 100 questions, Taillandier, Paris, 2017

"Comment débute le harcèlement scolaire ? À quel âge ? Quelles questions poser à son enfant pour savoir s’il est harcelé ? Existe-t-il des profils types ? Que répondre aux enfants qui se demandent « Pourquoi moi » ? Quels rôles les adultes – parents ou enseignants – peuvent-ils jouer ? Comment sortir de l’isolement ? Comment se défendre d’attaques contre le physique ? Comment stopper un harcèlement par SMS ou sur Facebook ? Vous vous êtes sûrement demandé si votre enfant a déjà été harcelé à l’école. Vous avez raison ! Chaque année, plus de 700 000 élèves sont confrontés à ce fléau. Grâce à une praticienne spécialisée, décryptez les mécanismes harceleur-harcelé, identifiez les bonnes questions à poser à votre enfant, comprenez les erreurs à éviter et découvrez la manière dont vous pouvez l’aider de manière efficace. Le parti pris de l’auteure est très clair : apprendre à votre enfant à se défendre lui-même. Pour cela, Emmanuelle Piquet enseigne le « boomerang verbal » ou l’art de retourner la situation en appuyant là où la cote de popularité de l’attaquant peut basculer.Un livre indispensable pour outiller petits et adolescents avec des techniques qui leur serviront à vie".

 

Bertrand Gardette, Jean-Pierre Bellon, Pour en finir avec le harcèlement scolaire, esf éditions, 2018 

"Les phénomènes de harcèlement entre élèves font bien l’objet d’une politique de prévention, mais dans les faits, faute de disposer de méthodes adaptées, les professionnels restent souvent désarmés face au traitement des situations concrètes. Pourtant, des méthodes ont été développées et ont fait leurs preuves à l’étranger. La plus intéressante d’entre elles, mise au point en Suède par le psychologue Anatol Pikas, a été développée dans différents pays, notamment scandinaves. Si cette méthode permet de réduire significativement le taux de harcèlement à l’école, c’est sans doute parce qu’elle traite le problème directement à sa source : l’originalité de cette démarche consiste, en effet, à suivre de façon régulière ceux qui ont pris part au harcèlement et à rechercher avec eux une issue favorable à la victime. Dans cet ouvrage, Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette présentent la méthode en examinant les enjeux théoriques sur lesquels elle repose. Ils exposent un certain nombre d’études de cas et recherchent quelle pourrait être son utilisation dans les établissements scolaires ."français.

 

Bertrand Gardette, Jean-Pierre Bellon, Harcèlement et brimades entre élèves. La face cachée du harcèlement scolaire, Fabert, 2010

" Des moqueries, des surnoms déplaisants, des insultes, des menaces, des manoeuvres d'isolement, des rumeurs... toutes ces petites actions malveillantes peuvent par leur répétition rendre la vie quotidienne de certains élèves parfaitement insupportable.
Des moqueries, des surnoms déplaisants, des insultes, des menaces, des manoeuvres d'isolement, des rumeurs... toutes ces petites actions malveillantes peuvent par leur répétition rendre la vie quotidienne de certains élèves parfaitement insupportable. Cette forme de violence scolaire, que l'on désigne dans les pays anglo-saxons par le terme de school-bullying, reste encore assez méconnue en France. Pourtant, selon une enquête réalisée par les auteurs de cet ouvrage auprès de 3 000 collégiens, 10% des élèves reconnaissent en être régulièrement les victimes. Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette présentent une analyse approfondie du harcèlement entre élèves en montrant ce qui le disti ngue et ce qui le relie aux autres formes de violence. À travers de nombreux témoignages, ils décrivent comment ce phénomène est vécu au quotidien par les différents acteurs concernés: les victimes, leurs parents, les différents témoins et même les harceleurs. Ils montrent aussi comment différentes stratégies de prévention peuvent permettre d'enrayer cette face cachée de la violence scolaire."

 

Nicole Catheline, Le harcèlement scolaire, Que-sais-je ?, 2018 

"Tous les matins, Léo, onze ans, part pour l’école avec la boule au ventre. Ses notes baissent. Il dort mal. Depuis six mois, ses camarades l’humilient. Il est victime de harcèlement. Moqueries, brimades, coups, racket, insultes ou photos compromettantes postées sur les réseaux sociaux... Le harcèlement scolaire, longtemps nié ou considéré comme un rite de passage, se révèle pourtant lourd de conséquences. Combien d’adolescents ont cru ne trouver d’autre échappatoire que dans le suicide ? Combien d’enfants le « jeu du foulard » a-t-il tué ? Dans la cour de récréation comme sur Internet, le phénomène a pris une ampleur inquiétante. Dysfonctionnement du groupe, climat scolaire détérioré, intolérance, défaut d’empathie : les causes en sont multiples. Mais le docteur Catheline entend réaffirmer qu’il n’est pas une fatalité et fournit ici des clés essentielles pour sortir de cette spirale infernale."

 

Des témoignages
  • Marion, 13 ans pour toujours

Nora Fraisse,, Calman Levy 2015

Marion, ma fille, le 13 février 2013, tu t’es suicidée à 13 ans, en te pendant à un foulard, dans ta chambre. Sous ton lit en hauteur, on a trouvé ton téléphone portable, attaché au bout d’un fil, pendu lui aussi pour couper symboliquement la parole à ceux qui, au collège, te torturaient à coups d’insultes et de menaces J’écris ce livre pour te rendre hommage, pour dire ma nostalgie d’un futur que tu ne partageras pas avec moi, avec nous.J’écris ce livre pour que chacun tire les leçons de ta mort. Pour que les parents évitent à leurs enfants de devenir des victimes, comme toi, ou des bourreaux, comme ceux qui t’ont fait perdre pied. Pour que les administrations scolaires s’évertuent à la vigilance, à l’écoute et à la bienveillance à l’égard des enfants en souffrance. J’écris ce livre pour qu’on prenne au sérieux le phénomène du harcèlement scolaire. J’écris ce livre pour que plus jamais un enfant n’ait envie de pendre son téléphone, ni de suspendre à jamais sa vie.

(Extrait de la présentation de son livre)

 

  • Condamné à me tuer

Jonathan Destin, Ed XO 2013 et J’ai lu 2015

Jonathan est encore à l’école primaire lorsque les brimades, les insultes, les coups commencent. On se moque de lui, de son physique, de son nom de famille. Puis on le menace, on lui demande de l’argent, on lui dit qu’on va tuer ses parents. La peur et la honte l’empêchent de parler. Les adultes ne voient rien ou lui assènent que c’est un jeu. Jonathan est seul face à ses bourreaux.

Le calvaire qu’il a enduré, jusqu’à s’immoler par le feu parce que la mort lui semblait être la seule solution, d’autres enfants le vivent tous les jours. Ils n’osent pas parler, sont en butte au déni des adultes et perdent tout espoir.

Jonathan a été brûlé à 72%. Il a passé trois mois dans un coma artificiel, a subi dix-sept opérations et continue de souffrir de douleurs incessantes.

 

  • De la rage dans mon cartable

Noémya Grahan, Ed Hachette Jeunesse 2014

Durant ses années de collège, Noémya a subi tout ce qui fait le quotidien des élèves harcelés : les brimades régulières, l’isolement systématique, le poids de la honte, les reproches faits à soi-même de ne pas avoir su réagir aux attaques, l’indifférence du monde enseignant, la perte progressive de confiance, la tentation de tout casser et, combien de fois ! l’envie d’en finir avec cette vie de souffrance. Mais, à côté de la rage qu’elle avait dissimulée « au fond de son cartable », Noémya cachait d'autres ressources qu’aucun harceleur n’était en mesure de détruire : son envie d'agir et son talent littéraire.

 

  • Arrêt Demandé

Jacky Pamart, ED Publibook. 2013

« Nous sommes tous différents. Moi, je bégaie depuis l’âge de 4 ans. Depuis que je suis tout petit ce handicap me suit partout et les autres ne manquent pas de me le rappeler. Imitations, moqueries, insultes, depuis le début de ma scolarité, mon quotidien c’était cela. Tout ceci m’affectait profondément mais une certaine habitude s’installa. En effet, je m’attendais à ces insultes chaque matin en allant à l’école. Mais mon année de 6e au collège Georges Brassens ne s’est pas déroulée comme je le pressentais ; outre les remarques vexantes j’allais avoir droit à un traitement de choc. »