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DU SANG ET DES POILS

Fiche Annotation
Méthode Analyse Prolongements

Thématiques

Corps, Sexualité

Niveaux

Collège, Lycée

Note : la vidéo en relation avec cette fiche pédagogique est un montage réalisé à partir de publicités, d'extraits de films ou de séries. 

Intention pédagogique 

Il ne s'agit pas de traiter ici de la biologie des règles* mais de questionner le rapport que la société via la publicité, le cinéma, les séries, etc entretient à leur sujet et les  croyances qu'elle infuse; de faire en sorte que les filles et les garçons puissent appréhender avec moins de préjugés un phénomène que toutes les filles vivent chaque mois (16 millions de femmes saignent tous les mois en France); se demander pourquoi le sang versé par les guerriers, les vampires, les monstres, etc. ne semble pas dégoutant alors que celui issu du corps de nos mères, soeurs, copines est considéré comme sale.

De même, notre rapport à la pilosité sera questionné à travers les images; nous aborderons notamment la pression marketing pour normaliser les corps lisses et sans odeur afin de vendre leurs produits,  l'évolution des critères dûe à la mode pour le poil masculin et les revendications, subversives, du droit à garder ses poils.

* Pour cet aspect, se reporter à :https://www.martinwinckler.com/IMG/pdf/tout_sur_les_re_gles_pdf_final.pdf

 

 

Pistes d'exploitation

Regarder la vidéo une ou deux fois ; travailler à partir de l'annotation qui présente pour chaque extrait ou image, un commentaire ou un questionnement qui pourra guider le débat. Les préjugés étant nombreux, il est nécessaire de prendre le temps de consulter à minima la documentation afin de pouvoir argumenter.

Il est aussi possible de séparer la classe en deux groupes mixtes, l'un qui travaille sur les règles, l'autre sur les poils; chaque groupe présentera à l'autre un bilan de ses recherches à l'aide des ressources présentées dans les PROLONGEMENTS.

Nous n'avons volontairement pas traité ici le champ religieux, sachant que pour la plupart des religions la femme qui a ses règles est impure , car la religion est du domaine du privé. Toutefois, certaines références dans la documentation pourront vous aider à y voir plus clair si le sujet est soulevé.

Dans le cas d'une séance animée par une infirmière, la vidéo peut servir de support à une discussion autour de l'utilisation de protections et leurs risques éventuels (tampons, serviettes jetables, cups, serviettes en tissus) ainsi qu'aux douleurs menstruelles, notamment l'endométriose.

 

Note préliminaire : nombre des remarques/analyses/commentaires ci-dessous et aussi dans les annotations viennent de nos lectures et visionnages de documents cités dans la partie PROLONGEMENTS.
Nous vous invitons bien évidemment à lire, regarder ces sources pour approfondir le sujet.

Voir aussi en complément les ANNOTATIONS.

 

SANG 

Le sang des règles dérange et gêne, les filles, les femmes, comme les hommes. De nombreuses femmes ont honte, vivent dans la peur de tacher leurs vêtements et que cela SE VOIE;  on ne parle des règles ("t'as tes règles ou quoi?") que pour pointer un problème d'humeur sinon c'est le silence radio et on échange tampons et serviettes furtivement.  Celle qui a une tache visible est le plus souvent moquée.
On parle d'indisposition comme si être réglée était une maladie. Et en même temps, quand la femme se plaint de douleurs on lui retorque "qu'elle fait bien des histoires".
Dans certains pays, les filles sont mises à l'écart pendant leurs menstrues, voire complètement isolées du reste de la communauté, certaines tâches leur sont interdites. Parfois les filles n'ont pas même le droit d'aller à l'école, d'où une dé-scolarisation qui met encore plus les filles de côté dans des sociétés où elles n'ont déjà que peu de place et peu de droits.
Les religions ne font qu'amplifier ce phénomène de rejet désignant la femme réglée comme impure.

Au chapitre économique, il ne faut pas oublier l'impossibilité pour de nombreuses femmes d'acheter des protections faute de moyens financiers (le marché est juteux et la somme annuelle consacrée à l'achat de serviettes et tampons est importante). 
De même, il est indispensable de s'assurer que ces produits ne sont pas bourrés de produits chimiques nocifs voire dangereux.


On trouve des distributeurs de préservatifs mais pas de distributeurs de serviettes et de tampons, cela semble pourtant au moins aussi indispensable.


Pourtant, le sang peut être un signe de courage, de vaillance, de force, ...  Sang du guerrier ou du combattant, le sang associé à la violence n'est pas considéré comme sale ou impur, il est valorisé (voir par exemple Games of Thrones où des femmes aussi versent le sang violemment).

Le sang bu par les vampires dans les films d'horreur fait frémir mais provoque une forme d'excitation.

Comment expliquer cette différence ?

Si on peut imaginer qu'il y a très longtemps ce sang pouvait paraître mystérieux, l'on connait aujourd'hui tout du cycle menstruel et de la composition du sang des règles; à certaines époques, le "mystère" des règles faisait peur et les superstitions ont permis de canaliser ces peurs. La science a ensuite légitimé les préjugés, faisant la part belle à des croyances plus folles les unes que les autres. 

Une femme qui a ses règles n'a pas été fécondée. Le sang des menstrues est alors associé à l'échec dans les sociétés où l'homme doit se "prolonger" coûte que coûte et où la femme n'a pas son mot à dire.

La sexualité pendant les règles est rarement évoquée, pourtant des femmes, des hommes apprécient d'avoir des rapports sexuels aussi à ces moments là.

La femme en période d'ovulation, pendant "ses chaleurs" peut aussi sembler dangereuse pour l'homme qu'elle peut attirer, séduire, maîtresse de sa sexualité et de ses désirs.
Femme=danger, on retrouve cette croyance dans les sociétés les plus diverses, les religions, comme dans la littérature et ceci à la plupart des époques.

Nombreuses donc les croyances qui témoignent d'une méconnaissance ou d'une peur qui contribuent au rapport inégalitaire entre les femmes et les hommes.

Voir par exemplePourquoi les règles fascinent autant qu’elles effraient

Le sang de l'épouse lors de la nuit de noces témoigne de sa virginité : l'époux est valorisé, la tache sur le drap (ici le sang n'est pas sale !) offerte au regard de tous prouve à la fois la pureté de la femme et la virilité de l'homme  (alors que non, les femmes ne saignent pas toutes la 1ère fois qu'elles font l'amour, c'est une autre croyance persistante).

 

"Ce qui est valorisé alors par l'homme, du côté de l'homme, est sans doute qu'il peut faire couler son sang, risquer sa vie, prendre celle des autres, par décision de son libre arbitre ; la femme « voit » couler son sang hors de son corps ... et elle donne la vie (et meurt parfois ce faisant) sans nécessairement le vouloir ni pouvoir l'empêcher. Là est peut-être le ressort fondamental de tout le travail symbolique greffé aux origines sur le rapport des sexes".
Héritier Françoise. Le sang du guerrier et le sang des femmes. In: Les Cahiers du GRIF, n°29, 1984. l'africaine sexe et signe. pp. 7-21
http://www.persee.fr/doc/grif_07706081_1984_num_29_1_1629

 

"Les hommes auraient un sang propre et héroïque (on érige des autels à ceux qui le versent pour la patrie) alors que le sang féminin serait « autre » (on érige redoutablement peu d’autels aux femmes qui versent leur sang pour concevoir les petits soldats qui verseront leur sang pour la patrie). Puisqu’on est dans le double ou le triple standard, rappelons que le sang semble nettement moins nous incommoder devant notre steak tartare ou notre boudin noir.
Ce dégoût collectif est d’autant plus malvenu que le sang, habituellement, entre dans la catégorie romance. Nous l’érotisons : fascination pour les vampires, pour les corps des boxeurs… ou pour les coups de cravache...
https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/10/16/faire-l-amour-pendant-ses-regles-oui-non-comment_5014534_4497916.html

 

Quelques chiffres 
  • 26 milliards d'euros/an, c'est ce que rapporte la vente des protections périodiques dans le monde.
  • 500 millions de femmes n'y ont pas accès (trop pauvres).
  • 16 millions de femmes saignent tous les mois en France.
  • 1,7 milliards de femmes âgées de 12 à 51 ans saignent chaque mois dans le monde.

 

Le marketing

Les règles représentent une aubaine pour l'industrie des produits d'hygiène : plus on réussira à nous faire croire que les règles sont synonymes de saleté, de mauvais odeur, d'inconfort, d'empêchement, plus les produits "invisibles" "anti-fuite" (comme les couches pour bébé)  "fraicheur" "légèreté" dotés de "murs" et de "barrières" intégrales seront présentés comme des produits indispensables. On y adjoint des lingettes, des déodorants, des gels lavants etc...,  alors que le vagin est "auto-nettoyant", voir à ce propos : 
http://www.slate.fr/story/166763/vagin-auto-nettoyant-produits-hygiene-feminine

Car oui, les femmes se doivent de dissimuler à tout prix ce sang qui doit rester secret, vivant dans l'angoisse de la fuite, de la tache honteuse, à la merci de mauvaises odeurs, empêchées de contacts, de sports, etc.

Dans ces publicités, des femmes (jeunes et jolies, blanches le plus souvent) sautillent, font du sport, animent des réunions, vont en boîte,... grâce à leurs protections hygiéniques elles sont sûres d'elles, sûres que personne ne devinera l'horrible situation qui est la leur! Comme si les règles empêchaient forcément d'avoir une vie normale (si on considère que sautiller, faire du cheval, de l'acrobatie, de la danse sont des activités normales et régulières pour le commun des femmes). Quant aux femmes qui ont des règles douloureuses, voire très douloureuses et, de fait, ne peuvent  vivre normalement à certains moments de leur cycle, utiliser telle ou telle serviette ne changera rien à la situation. 

Avec beaucoup d'hypocrisie, les publicités testent les serviettes et les tampons avec un liquide bleu (sauf très récemment, et cela a beaucoup fait parler), on ne montre pas l'endroit où se colle la serviette (la culotte),  ni comment placer les ailerettes auto-collantes; idem pour les tampons. Pas ou peu de publicités pour les coupes menstruelles : elles ne sont pas rentables, leur durée de vie est de 5 ans minimum!

De même on emploie le terme de "zone intime" sans employer les vrais mots : vulve, lèvres, vagin, des termes que les filles elles-même emploient peu.
 

En guise de conclusion...

Il n'y a pas d'obligation à aimer avoir ses règles surtout quand on souffre mais il est nécessaire de bien comprendre qu'elles ne sont pas "dégoûtantes"; ce dégoût est culturel, construit, dans le but de nier une partie de la réalité du vécu des femmes pour mieux les dominer et aussi par peur de ce "mystérieux" cycle féminin. 

La publicité ne fait que renforcer ces croyances pour mieux vendre un "idéal" sans couleur et sans odeur à coup de produits souvent inutiles. 

 

VOIR AUSSI SUR LE SITE PEDAGOGIQUE MATILDA

Les règles, un sujet encore tabou 10'44
Elise Thiébaut
https://matilda.education/course/view.php?id=266

 

POILS  

Les poils sont mal vus, pire, ils dégoutent ; ils nous apparaissent comme le signe d’un manque d’hygiène alors que justement leur présence sur notre corps a une fonction hygiénique : ils retiennent la sueur et préviennent les infections.

Ainsi l’épilation intégrale du pubis n’est absolument pas « hygiénique » au contraire, les irritations, blessures dues à l’épilation (quelque soit le moyen utilisé) peuvent amener des germes et un risque accru de MST. Sans oublier les poils incarnés et les blessures plus graves notamment chez les hommes.

"L’épilation pubienne irrite et déclenche une inflammation des follicules pileux, laissant des plaies microscopiques ouvertes. Une épilation fréquente […] a pour effet d’entraîner une irritation régulière de la zone rasée ou épilée à la cire. Combiné à la lumière et à l’environnement humide des organes génitaux, cela devient un milieu propice à la multiplication des plus mauvaises bactéries pathogènes… »

https://www.topsante.com/beaute-soins/soins-du-corps/epilation/epilation-du-maillot-des-risques-insoupconnes-23403

 

Ce dégout est largement alimenté par les messages publicitaires pour des produits qui bloquent la transpiration, suppriment ou masquent les odeurs sans oublier tous les soins dépilatoires et les rasoirs… Un bisness pour le secteur très florissant de la vente de produits dits d’hygiène. Dans ces publicités il s’agit de rester « fraiche » (mot déjà trouvé dans le vocabulaire anti-sang des règles) d’avoir confiance en soi, de se sentir libre (maitre mot du vocabulaire publicitaire) de faire du sport même extrême sans dégager de mauvaises odeurs… On nous vend des produits chimiques qui sentent, parfois très forts, pour cacher des odeurs supposément dérangeantes et qui peuvent l’être si on ne se lave pas.

 

Donc les poils qui servent à retenir la sueur sont rasés (marché de l’épilation, des produits dépilatoires, des crèmes, gels, cires, rasoirs, etc.) comme la sueur n’est plus retenue on bloque la transpiration (déo anti-transpiration) comme on a quand même peur de sentir, on vaporise un déo fraicheur, et là nous ne parlons que des aisselles. Car il reste pour les femmes, les jambes, bien souvent les bras, le dessus de la lèvre supérieure et le pubis : celui-ci se doit à minima d’être entretenu via une coupe à la brésilienne ou en ticket de métro voire épilé intégralement, mais surtout pas de toison naturelle, ça aurait l’air trop négligé.

Le poils masculin est mieux toléré encore faut-il qu’il soit logé au bon endroit et qu’il soit domestiqué, contrôlé : la barbe est de retour, mais pas n’importe quelle barbe ! Les barbiers font un retour en force et nombreux sont les tutos sur youtube qui expliquent comment entretenir sa barbe pour qu’elle n’aie pas l’air négligée (sauf dans l’univers du métal ou une grosse barbe fournie est un signe d’appartenance). Plus de torses velus pourtant autrefois synonymes de virilité, le corps est glabre, épilé, le visage poilu, il se distingue ainsi de celui des femmes sont sommées d ‘être lisses de partout.
Le sexe aussi peut-être épilé intégralement, les témoignages d’adolescents blessés lors de tentatives ratées sont nombreuses sur le net.

Le poil est donc devenu un ennemi à anéantir.

Il évoque l’animalité, le primitif, l'incontrôlé.
Il évoque aussi la sexualité, les poils apparaissent d’ailleurs à la puberté, au moment où le corps se transforme, et la saleté supposée du poil est à mettre en lien avec la saleté supposée du sexuel ; le paradoxe du poil pubien est qu’il est beaucoup plus sexualisé qu’un pubis glabre (seules les petites filles ont un pubis naturellement glabre). Encore aujourd’hui, un tableau comme « L’origine du monde « de Courbet choque, à tel point que sa publication sur les réseaux sociaux est interdite. Un tableau ou l’on voit pourtant de façon moins détaillée les lèvres et la vulve de la femme peinte que dans les films pornos que consomment ados et adultes sur internet…


Il y a donc une injonction au lisse sous prétexte de propreté, voire de  respect  pour son partenaire…Les femmes qui affichent leurs poils (aisselles , jambes) sont insultées sur les réseaux sociaux. Quel ordre dérangent-elles ?
Car ce « lisse », là où « rien ne dépasse » nous renvoie aussi un idéal moral où il importe avant tout d’être dans la norme et de se plier aux règles, le contraire de la liberté vantée par la publicité.

En guise de conclusion…

Il importe donc de se sentir libre d’épiler ou non tout ou partie de son corps et d’accepter que d’autres fassent des choix différents. Si l’on peut considérer que le fait de ne pas se laver a un impact sur les autres et pas seulement sur soi (odeurs fortes) les poils eux n’engagent que la personne qui les garde, ou pas.
La publicité nous vend un idéal (mince, grande, jeune, blanche, belle et beau, blanc, musclé, jeune, sportif) créant des besoins pour lui correspondre, besoins qui nécessitent l’achat de quantité de produits : ainsi les industries cosmétiques et de produits d’hygiène engrangent des profits considérables.

 

Influence de la pornographie sur l’épilation intime 

Enquête de l’Ifop pour Tukif.com – Avril 2014

Indissociable d’un univers pornographique qui l’a popularisée ces dernières années, la pratique de l’épilation totale des poils pubiens illustre plus que toute autre l’influence de la culture porn et notamment sa capacité à imposer ses représentations du corps aux catégories les plus jeunes de la population.

Les résultats de l’étude confirment le développement de l'épilation intégrale chez l’ensemble des Françaises (14% s’épilent complètement) et tout particulièrement chez les jeunes : près d’une fille sur deux de moins de 25 ans (45%) est épilée intégralement. Et si l’on additionne toutes les formes d’épilation impliquant un rasage des poils autour des lèvres (maillot intégral, ticket de métro, maillot brésilien avec épilation des poils sur les lèvres), la proportion de femmes épilées de « près » monte à 22% chez l’ensemble des Françaises et à 56% chez les jeunes de moins de 25 ans.

Sur ce point, les jeunes filles se distinguent nettement du reste de la gent féminine mais leur comportement ne fait en réalité que s’aligner sur les goûts des hommes du même âge : près des deux tiers des hommes de moins de 25 ans (63%) préférant que leurs compagnes optent pour un type d’épilation où les poils des lèvres sont rasés.

Chez les jeunes femmes : la moitié des filles de moins de 25 ans (45%) et un quart des femmes de 25 à 34 ans (26%) sont épilées intégralement, contre à peine 6% des femmes de plus de 35 ans. C'est donc dans les générations où la consommation de porno est la plus élevée que cette pratique est la plus forte.

 

 

 

 

 

 

Autres propositions sur Genrimages

  • Deux vidéos sur la retouche photo

BEAUTÉ RETOUCHÉE

BEAUTÉ RETOUCHÉE : "Dove evolution "(visage) 

 

  • Des images à annoter

A ANNOTER : PUBLICITE POUR LE DEODORANT REXONA "FEMME" 
A ANNOTER : PUBLICITÉ POUR LE DÉODORANT REXONA "HOMME"

 

Autres propositions pédagogiques

        Ne pas oublier les femmes qui vivent dans la rue ou celles qui n'ont pas les                    moyens d'acheter des protections, comme de nombreuses étudiantes durant les              mois de confinement dus au Covid :
        http://www.slate.fr/story/174876/precarite-menstruelle-tabou-regles-cout-    protections-hygieniques

  • Les menstrues dans l'art : chercher dans l'art contemporain les artistes qui travaillent sur/à partir/avec le sang menstruel.
    ex :Valie Export, John Anna, Mariane Rosenstiel,...
  • Recherche : histoire du tampon (voir par exemple le livre Ceci est mon sang p. 100/108, ref ci-dessous)
  • Traduire (de l'anglais) le clip cité dans les ressources documentaires et/ou écrire un texte (poésie/chanson/slam) sur les règles et sur les poils (vision positive).
  • Le nom des règles : comment les appelle-t-on ? comment les appelait-on ? (noms et expressions) En France et à l'étranger.

ex : "les anglais ont débarqué" (en référence à la couleur rouge de l'uniforme anglais à la bataille de Waterloo) ragnagnas, avoir ses ourses, ses lunes, periods, flow, etc.

  • Recherche : les croyances liées aux règes, autrefois et maintenant (s'aider de la documentation ci-dessus). Inclure ou non les croyances religieuses.

Exemples : une femme règlée fait tourner le lait, rate sa mayonnaise, aigrit le vin et la bière,etc... mais aussi des vertus : sang menstruel bon contre la goutte, tue les chenilles...

  • Commenter le travail de l'artiste allemande Elonë; rédigez vos propres slogans sur des tampons, serviettes,coupes menstruelles, etc.

Une garniture périodique sur laquelle une jeune artiste a écrit (en anglais) : Imagine si les hommes étaient aussi dégoutés par le viol qu'ils le sont par les règles".

  • L'histoire de la barbe (très à la mode actuellement mais pas n'importe quelle barbe...! d'où l'ouverture de nombreux salons de barbiers); pour connaitre tous les styles de barbe: 
    https://blog.monsieurbarbier.com/nom-dune-barbe/

    Voir aussi cette photo de casting pour une émission de téléréalité: tous les hommes ont une barbe (comme dans le cas de toutes les émissions que nous avons vues récemment). Le tatouage semble lui aussi indispensable pour affirmer sa virilité.

Des hommes torse nu et des filles en maillot de bain. Recherche une jeune femme : jeune, belle, piquante, atypique.

  •  Quelles alternatives aux tampons  et serviettes ? 

Par exemple 
https://www.liberation.fr/france/2019/01/01/des-protections-hygieniques-sang-pour-sang-ecolos_1700614

 

 

Ressources documentaires

Sur les règles

  • Une exposition
    SANG POUR SANG REGLES
    À travers douze panneaux, l’exposition explore le fonctionnement du cycle menstruel, les différents types de protections menstruelles, les émotions et sensations ressenties, la gestion des douleurs, et les idées reçues qui alimentent le tabou autour des règles. Chaque panneau, illustré par l'autrice et dessinatrice Mirion Malle, est accompagné de témoignages issus du compte Instagram de référence sur le sujet - @coupdesang - et de contenus bonus à scanner. Un quizz final récapitule l’ensemble des savoirs présentés.

 

  • Vidéos 

Des filles et des règles, série, 2020
Sénégal, Canada, France, Maroc : quatre jeunes femmes d'aujourd'hui échangent sur les menstruations, sous la forme innovante d'une discussion WhatsApp.
https://www.tv5mondeplus.com/details/vod/redbee:106858578_74079A

 

28 jours documentaire écrit et réalisé par Angèle Marrey, 2018

28 jours” est un documentaire visant à parler d’un sujet encore peu et mal abordé alors qu’il touche directement plus de la moitié de la population : les menstruations féminines ! À travers des portraits, des récits personnels mais également des dessins explicatifs, ce documentaire aura valeur d’outil pédagogique pour toutes les personnes ayant leur règles mais aussi de support pour toutes les personnes qui ne les ont pas. Les sujets abordés seront tous en lien avec les règles. De la politique à la pression sociale, nous parlerons de sexe, de médecine, de religion, de publicité ou encore de notre rapport au sang." 
https://www.youtube.com/watch?v=X1R5pBpKgVE

La perception des règles à travers le monde
https://www.facebook.com/konbinifr/videos/407239023091608/

Les femmes interdites de temple en Inde à cause de leurs règles 
https://www.lemonde.fr/international/video/2018/12/07/les-femmes-interdites-de-temple-en-inde-a-cause-de-leurs-regles_5394300_3210.html

Comment les règles sont devenues tabou
https://www.youtube.com/watch?v=pYWTAhKpRjA

"Si la parole tend aujourd’hui à se libérer, notamment en ligne avec l’apparition d’un « activisme menstruel », parler de ses règles reste néanmoins toujours difficile pour bon nombre de femmes. Comment un tel tabou s’est ainsi installé autour du sang menstruel alors qu’il concerne la moitié de l’humanité ? Peut-on y trouver des origines concrètes ? Grâce aux études d’anthropologues comme Françoise Hériter ou Alain Testart, on peut très largement supposer que cet interdit date du Néolithique et de l’instauration du patriarcat dans les sociétés humaines. Un tabou relayé ensuite par l’histoire naturelle, la médecine et la philosophie. Explications en image avec Elise Thiébaut, auteur de Ceci est mon sang (La découverte, 2017) et Nahéma Hanafi, historienne." 

 

Super Nenette. Le Meufisme épisode 3, mini série web créée par Camille Ghanassia et Sophie Garric 
https://www.youtube.com/channel/UCefZbo-hnVK8lREebeyvRHw/about

Série "Entre Meufs" n° 1 : Les règles
https://www.youtube.com/watch?v=79dHIuOOOig&list=PLE7XZO5PXeLW0GYmNixbQrm4Ok_bLxxce

 

Série Libres, d'Ovidie sur ARTE (2021)
https://www.arte.tv/fr/videos/094356-004-A/libres/

 

  • Emissions de radio/Podcast


Le tabou de la pilosité féminine dans la publicité Ici

Rouge comme les règles, 4 épisodes
https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/histoire-dun-tabou-menstruel

Les gars n'ayez pas peur des règles! Emission du 29 mai 2019, Mansplaining, 12 minutes
https://open.spotify.com/episode/0D4wZFKgOpKXQlzhHzJppbou 
https://open.spotify.com/show/1KmwP2k4j39XksQZWPZFcN?si=g15y74wmRPytJnl5vPOWwA

 

  • Un clip musical

I got that flow 
https://youtu.be/uIHzBy8pvIA

 

  • Photographies

Un couple d'artistes sublime le sang des règles

http://www.beautyinblood.com/


http://cheese.konbini.com/photos/combattre-le-tabou-des-regles-par-la-photographie-le-pari-du-duo-beauty-in-blood/

  

  • Articles 

Des distributeurs gratuits de protections périodiques bientôt installés dans tous les lycées franciliens (2021)
https://www.liberation.fr/france/2021/01/15/des-distributeurs-gratuits-de-protections-periodiques-bientot-installes-dans-tous-les-lycees-francil_1817691/

L'école n'est pas pensée pour les jeunes filles qui ont leurs règles
http://www.slate.fr/story/199461/regles-college-eleves-intimite-toilettes-salete-distributeurs-protections-hygieniques

En 2018, une pub française montre enfin du sang sur des serviettes hygiéniques
https://www.buzzfeed.com/jenniferpadjemi/on-est-en-2018-et-une-pub-francaise-pour-des-serviettes?utm_term=.pwkpY7xdKj#.wcLwOj4JLQ

Une pub pour des serviettes hygiéniques montrant du sang provoque 600 plaintes en Australie (2018)
https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2019/09/20/une-pub-pour-des-serviettes-hygieniques-montrant-du-sang-provoque-600-plaintes-en-australie_6012467_4832693.html#xtor=AL-32280270

Non, je ne vais pas cacher mes tampons de rechange
https://www.huffingtonpost.fr/madeline-wahl/sante-regles-femmes_b_7884524.html

Pourquoi il est urgent de parler librement des règles
https://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20170710.OBS1897/pourquoi-il-est-urgent-de-parler-librement-des-regles.html

La gène face aux règles, naturelle ou sexiste ? 
http://www.liberation.fr/societe/2015/04/08/la-gene-face-aux-regles-naturelle-ou-sexiste_1236393

 

Règles: des croyances menstrueuses, Catherine Mallaval, Laia Abril

Extraits

Au chapitre religion, les mots «impure» et «souillure» claquent comme des gifles. Dans l’hindouisme : «Dans les régions du monde où cette religion est pratiquée, les menstruations sont encore culturellement considérées comme sales.» Dans le judaïsme : «La Torah interdit d’avoir des relations sexuelles avec une niddah, le terme hébreu pour désigner une femme qui a ses règles ou a récemment eu ses menstruations.» Dans le christianisme : «L’Ancien Testament déclare qu’une femme menstruée est impure, et que tout ce qu’elle touche ou presque est souillé par ce contact.» Dans l’islam, enfin : «La menstruation est une souillure […]. Il est fréquent que les femmes et les filles musulmanes ne soient pas autorisées à prier ou à s’asseoir dans une mosquée pendant leurs règles. Elles ne peuvent pas non plus toucher le Coran.» Mais aujourd’hui, qu’en est-il ? La photographe se livre à un tour du monde des croyances et interdits dont les femmes sont victimes : «Dans des zones rurales de l’ouest de l’Ouganda, les femmes menstruées ne sont pas autorisées à boire le lait de leurs vaches de peur qu’il ne devienne sanglant» «En Ethiopie, un homme ne doit pas consommer de la nourriture cuisinée par une femme menstruée. De même qu’au Nigeria, où il est en outre interdit de dormir dans la même chambre que son épouse durant cette période» ; «A Cochabamba, en Bolivie, la coutume veut que les filles qui ont leurs règles ne puissent pas laver les vêtements d’autres personnes, sinon des taches ou défauts apparaîtront sur le visage du propriétaire» ; «Dans certaines régions du Myanmar [Birmanie], les culottes des femmes ne sont jamais lavées avec les vêtements des hommes»; «Au Burkina Faso, la croyance populaire veut que les albinos naissent à la suite de rapports sexuels pendant les menstruations.»
http://next.liberation.fr/vous/2017/10/24/regles-des-croyances-menstrueuses_1605420

Clotilde Lebas, « Testart Alain, L’amazone et la cuisinière. Anthropologie de la division sexuelle du travail », Genre, sexualité & société [En ligne], Analyses et comptes-rendus, mis en ligne le 10 juin 2015
http://journals.openedition.org/gss/3415 

"Dans un premier temps (des chapitres 1 à 11), Testart se saisit des croyances relatives au sang menstruel. Il réfute tout d’abord les thèses naturalistes. Celles-ci postulent qu’en raison de leur faible force physique, de leurs grossesses à répétition et du temps qu’elles consacrent à l’éducation des enfants, les femmes ne pourraient s’éloigner bien longtemps de leur foyer – en cela, elles ne seraient pas aptes à la chasse. Or, comme le note l’auteur, elles parcourent des kilomètres pour la cueillette, sans pour autant délaisser les enfants qu’elles portent sur leurs dos. En outre, de nombreux exemples montrent des femmes participant à la chasse. Ce qui différencie hommes et femmes n’est donc pas l’activité en elle-même mais bien la manière dont ces dernières la pratiquent, à savoir en usant d’armes ne faisant pas jaillir le sang. Cette critique des thèses naturalistes donne ainsi lieu à une première conclusion : le sang est le motif déterminant de la division sexuelle du travail. Précisons avec Testart qu’il n’est pas question ici d’une substance biologique mais d’un sang investi de croyances. Des croyances qui poussent nombre de sociétés à interdire aux femmes « indisposées » d’approcher ce qui est symboliquement associé au sang, comme le vin. Testart propose ainsi une explication symbolique : de par les effets néfastes de leur sang, certains lieux et certaines activités sont interdites aux femmes.

... pendant des millénaires et probablement depuis la préhistoire, la division sexuelle du travail provient de ce que la femme a été écartée des tâches qui évoquaient trop la blessure secrète et inquiétante qu’elle porte en elle » (p. 133, en italique dans le texte). Refuser aux femmes l’accomplissement de certaines tâches permettrait donc d’éviter la « conjonction du même avec le même » (p. 140). Autrement dit, les sociétés ont toujours cherché à conjurer le rapprochement de ce qu’elles considèrent comme symboliquement semblable car, comme le rappelle l’auteur, « la mise en présence de deux êtres pareillement affectés par le sang risque de déclencher des catastrophes » (p. 143, en italique dans le texte).

Agnès Fine, « Alain Testart, L’amazone et la cuisinière, anthropologie de la division sexuelle du travail │ Christophe Darmangeat, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était. « Aux origines de l’oppression des femmes » suivi de « Une histoire de famille » », Clio. Femmes, Genre, Histoire [En ligne], 42 | 2015, mis en ligne le 19 janvier 2016
http://journals.openedition.org/clio/12728 

"Reprenant l’exemple de la chasse qu’il avait développé dans son premier Essai, il cherche à comprendre pourquoi elle est interdite aux femmes. Il réfute tout d’abord les arguments naturalistes qui feraient de la chasse une activité que les femmes, en raison de l’immobilité relative imposée par leur activité reproductrice (accouchement et allaitement), ne pourraient pratiquer. Car c’est moins la chasse qui leur est interdite, que la chasse utilisant certains outils. Si elles chassent parfois le gros gibier avec un gourdin, ce sont les armes comme les lances, les harpons, celles qui font couler le sang des animaux qu’elles ne doivent pas toucher. Il est tentant de rapprocher cet interdit des tabous les concernant en raison de leur sang, celui de la défloration, de la parturition et surtout de leur sang menstruel. Un peu partout dans le monde ; en effet, le sang des femmes est considéré comme dangereux, susceptible de provoquer des catastrophes, cosmiques ou sociales. Alain Testart conclut : « Tout se passe comme si la femme ne pouvait mettre en jeu le sang des animaux, alors qu’il est question en elle de son propre sang. Tout se passe comme si on ne pouvait cumuler un sang et un autre » (p. 28). Il poursuit son analyse qui se fait plus précise : c’est le sang dans son jaillissement dont les femmes sont éloignées et non pas la simple manipulation du sang (on sait en effet, par exemple, que ce sont elles qui, dans nos sociétés, cuisinaient le boudin avec le sang du porc). C’est encore leur « nature » marquée par le sang qui les aurait écartées des fonctions religieuses où se rejoue un sacrifice sanglant – la prêtrise dans le catholicisme par exemple (chapitre 6). L’auteur conclut que ces croyances « visent toutes à empêcher un cumul d’un sang avec un autre, et il importe assez peu de savoir de quel sang il s’agit, animal, sacré ou féminin » (p. 41)".

 

Un tampon bio dans ton abricot ? (2019)
https://www.liberation.fr/france/2019/10/17/un-tampon-bio-dans-ton-abricot_1757737/

Pline L’Ancien : « Une femme qui a ses règles fait aigrir le vin doux par son approche »
https://passionmenstrues.com/2015/07/06/pline-ancien-croyances-regles/

Elle a créé Passion menstrues, le blog qui en finit avec le tabou des règles
https://www.lesinrocks.com/cheek/blog-passion-menstrues-jack-parker-310442-11-05-2016/

Messieurs, respectez les règles!
http://www.slate.fr/story/151907/messieurs-respectez-les-regles

Trois livres pour aborder la question des règles avec nos filles adolescentes
http://apprendreaeduquer.fr/3-livres-aborder-question-regles-filles-adolescentes/

T-shirt d'American Apparel : vulve, poils, règles et masturbation, une imagerie féministe
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/954114-t-shirt-d-american-apparel-vulve-poils-regles-et-masturbation-une-imagerie-feministe.html

Les applications dédiées aux règles profitent avant tout à ceux qui les font (souvent des hommes)
http://www.slate.fr/story/170091/les-applications-dediees-aux-regles-profitent-avant-tout-ceux-qui-les-font-souvent-des

En France, la difficile reconnaissance de la précarité menstruelle
https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/08/31/en-france-la-difficile-reconnaissance-de-la-precarite-menstruelle_5348716_1651302.html

 

  • Etudes

Mardon Aurélia, « Honte et dégoût dans la fabrication du féminin. L'apparition des menstrues », Ethnologie française, 2011/1 (Vol. 41), p. 33-40. DOI : 10.3917/ethn.111.0033.
https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2011-1-page-33.htm

Extraits :

"L’analyse de l’évolution contemporaine des normes et des pratiques éducatives familiales concernant les premières règles révèle que les jeunes filles sont aujourd’hui informées des transformations qui les attendent et éduquées dans l’idée que la ménarche constitue un événement important dans leur parcours, la définition de leur identité et de leur maturité. Tout en incitant les filles à se réjouir et à être fières de cet événement, littérature éducative, familles et pairs leur apprennent également à considérer le sang menstruel sous l’angle de la honte et du dégoût en le présentant comme un déchet et une source de souillure naturelle qu’il est nécessaire de dissimuler...

... Le régime de non-dit autour du corps a laissé la place à un devoir d’information concernant la ménarche. Si les jeunes filles sont incitées à être fières d’avoir leurs premières règles parce que cet événement constitue une marque de fécondité, de féminité et de maturité, elles apprennent également à considérer le sang menstruel sous un angle négatif.

Dans les traités éducatifs ou les ouvrages sur l’adolescence, les menstruations sont présentées comme un échec de la fertilisation et le sang des règles comme un déchet. Ainsi, Le Dico des filles précise à l’article « règles » que : « Si l’ovule n’a pas été fécondé, la muqueuse utérine, devenue inutile, se détache, ce qui produit un saignement. Le sang, l’ovule et les débris de la muqueuse sont alors expulsés par le vagin. Ce sont les règles » [Le Dico des filles, 2005 : 430]. C’est cette représentation, qu’on retrouve dans les ouvrages savants et populaires [Lowy et Marry, 2007], qui fait des menstruations une source de souillure naturelle et, par conséquent, de honte et de dégoût pour les femmes. Les adolescentes apprennent de multiples manières qu’elles doivent s’en prémunir, notamment par le biais de la littérature éducative, qui réserve une large place à la thématique de l’hygiène. Dans les manuels d’éducation sexuelle du dessinateur Zep, père de Titeuf, il est ainsi expliqué aux filles que la première chose à faire lorsqu’elles découvrent qu’elles ont leurs règles est d’éviter de « se salir », en utilisant des protections hygiéniques [Ferrand, 2010]. Tous les traités éducatifs sur l’adolescence insistent également sur le fait que les menstruations doivent impérativement être dissimulées, le sang ne devant laisser ni taches ni odeurs, ce qui est tantôt présenté comme une évidence, tantôt justifié en référence au « savoir-vivre » et au respect vis-à-vis d’autrui : « Discrétion et pudeur s’imposent : on ne doit pas laisser de traces de son passage dans la salle de bains ou les toilettes, ni laisser traîner serviettes et tampons ! » [Le Dico des fillesop. cit. : 430]. Tout en précisant que les règles ne sont pas « sales », la littérature éducative engage les mères à inviter les jeunes filles à redoubler d’attention concernant leur hygiène pendant la période menstruelle, ce qui constitue un véritable désaveu de cette sécrétion féminine : « Plus qu’à tout autre moment, une bonne hygiène s’impose. Votre fille aura le choix entre les serviettes ou les tampons périodiques. Vous l’informerez de leur changement régulier, plusieurs fois dans la journée. […] Insistez encore sur sa toilette : elle lavera son sexe mais pas l’intérieur de son vagin » [Comprendre l’ado, 2000 : 32]...

 

Jean-Yves LE NAOUR et Catherine VALENTI, « Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle Époque », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés[En ligne], 14 | 2001, mis en ligne le 03 juillet 2006, consulté le 10 juillet 2018.  https://journals.openedition.org/clio/114

Extraits :

"Face à ces atermoiements médicaux, les préjugés populaires ont la vie dure, d’autant plus qu’ils sont souvent partiellement relayés par le discours médical. Bien des thèses de médecine consacrées à la menstruation font une large part aux traditions, aux croyances superstitieuses, voire aux interdits religieux entourant la femme indisposée. Il est frappant de constater que les préjugés médicaux rejoignent les préjugés sociaux, et que les médecins entérinent le plus souvent les injonctions des théologiens".

Sur bien des points, les recommandations médicales rejoignent donc les théories des Anciens comme les préjugés populaires. C’est que les médecins sont avant tout des hommes, à qui la femme indisposée fait peur. Toutefois, qu’elle cesse d’avoir ses règles parce qu’elle attend un enfant, ou qu’il y ait d’autre causes à son aménorrhée, la femme perd alors son pouvoir inquiétant pour devenir elle-même vulnérable : « Quand elle a ses règles, elle présente son côté menaçant ; quand elle est enceinte, elle expose son côté vulnérable ». Car la menstruation garantit aussi l’équilibre féminin.

Au tournant du siècle, la menstruation est donc considérée comme une condition de la bonne santé. Indispensable au corps sain, elle est de même indispensable à la féminité : pas de femmes sans règles. Cette fonction qui donne son identité à la femme et qui est étudiée à ce titre par les médecins, gardiens du genre en quelque sorte, relève évidemment d’une régulation organique rattachée à un ordre naturel. Ce « balancier interne qui fait le juste équilibre féminin » selon le mot de l’anthropologue Yvonne Verdier, relie au cycle parfait de l’univers celles dont la « mission » sur terre est d’enfanter, mission qui s’accomplira d’autant plus facilement que la femme sera réglée comme du papier à musique. Aussi, toute perturbation, retard ou absence, sont intolérables et contre-nature en ce qu’ils menacent et la santé et la fonction de la femme.

... les différentes légendes qui tentent d’expliquer l’origine des règles : dans presque tous les cas en effet, la femme est punie pour avoir endossé un rôle qui n’était pas le sien, ou transgressé un interdit. Le flux menstruel est donc conçu comme une forme d’expiation. L’Église a partiellement repris ces récits mythiques, « puisque quelques auteurs ecclésiastiques enseignent que les ennuis de la menstruation ont été imposés à la femme à cause de son péché et qu’ils font partie du in dolore paries ». Où l’on voit une fois de plus que les théories médicales rejoignent les préjugés de l’Église et les récits légendaires…

 

Bouvard, Emilie. « Présence réelle et figurée du sang menstruel chez les artistes femmes : les pouvoirs médusants de l’auto-affirmation ». Communication réalisée dans le cadre de la journée d’études « Les fluides corporels dans l’art contemporain » organisée à l’INHA, Paris, le 29 juin 2010. 
http://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/PublicationsLigne/Pr%C3%A9sence%20r%C3%A9elle%20et%20figur%C3%A9e%20du%20sang%20menstruel%20chez%20les%20artistes%20femmes-Emilie%20Bouvard.pdf

 

  • Sites internet / Instagram

www.kiffetoncycle.fr

https://passionmenstrues.com/

https://cyclique.fr/

http://lesangdesfemmes.over-blog.com/

https://www.instagram.com/spmtamere/?hl=fr

 

  • Un livre pour les ados

Les règles... quelle aventure! Elise Thiébaut, Mirion Malle, La Ville brûle, 2017

"Une fois par mois environ, les filles et les femmes entre 12 et 52 ans saignent pendant quelques jours mais on n'en parle jamais, alors même que cela concerne la moitié de l'humanité.

Les règles ont longtemps été un instrument qui a permis d'opprimer les femmes et de leur donner l'impression qu'elles étaient impures et capables de moins de choses que les hommes. Les règles sont donc un véritable enjeu féministe auquel il n'est jamais trop tôt pour s'intéresser…

Parler des règles, c'est aussi parler du patriarcat, de sexualité, de religion... Dans Les règles... quelle aventure !, Elise Thiébaut et Mirion Malle abordent le sujet avec humour, de façon décomplexée et décalé, avec de solides références culturelles, mythologiques, médicales et féministes pour piquer la curiosité et enrichir la connaissance des préados et ados, filles et garçons".

 

  • Livres

Sang tabou. Essai intime, social et culturel sur les règles. Camille Emmanuelle, La Musardine, 2017

"Pourquoi chuchote-t-on quand on demande un tampon à une collègue et, sur le trajet des toilettes, fait-on en sorte de bien cacher l'objet, comme si on transportait un sachet de coke ?  Pourquoi, alors qu'on en a parfois très envie, on s'interdit de faire du sexe pendant nos règles ? Pourquoi en 2017 dans les pubs pour serviettes, le liquide est-il toujours bleu ? Pourquoi est ce qu'on entend encore au bureau : «?oh la la, Machine elle est énervée, elle a ses règles ou quoi ? »?? Pourquoi les femmes qui souffrent le martyr pendant leurs règles doivent rester belles et se taire?? Pourquoi les hommes ne connaissent rien sur les règles des femmes, et sont donc ignorants sur ce que vit la moitié de l'humanité une fois par mois pendant 40 ans ? Camille Emmanuelle aborde, de sa plume énergique et joyeuse, un sujet central de notre intimité et de la société : les règles. 

Le grand mystère des règles. Pour en finir avec un tabou vieux comme le monde. Jack Parker, Flammarion, 2017

"Un livre sur les règles ? Mais pourquoi ?
Parce que les règles sont toujours enveloppées d’un voile de répulsion et de rejet. 
Parce qu’on ignore encore beaucoup trop de choses au sujet des menstruations, ne serait-ce que d’un point de vue purement biologique.
Parce qu’on ne connaît pas assez les problèmes de santé qui y sont liés et que de nombreuses personnes souffrent parfois en silence, sans savoir que ce n’est pas normal et qu’il existe des solutions.
Parce qu’une majorité d’enfants et d’adolescents, à qui on n’a jamais vraiment expliqué ce qu’il se passait, grandissent dans la peur et le dégoût de leurs corps. 
Parce que les publicités et notre environnement social nous incitent quotidiennement à les cacher.
Parce qu’il faut surtout « ne pas en parler ».
Il est grand temps que ce tabou rejoigne le clan des reliques et qu’on arrête de culpabiliser, de complexer et de se cacher à tout prix – qu’on possède un utérus ou non."

Ceci est mon sang. Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font. Elise Thiébaut, La Découverte, 2017

"Avoir ses « ourses », ses « ragnagnas », ses « coquelicots » ou « l’Armée rouge dans sa culotte »… : quelle que soit la façon dont on l’appelle, ce phénomène naturel qui consiste, pour les femmes, à perdre un peu de sang tous les mois (sans en mourir !) reste un tabou dans toutes les sociétés. Pour en finir avec cette injustice, Élise Thiébaut nous propose d’explorer les dessous des règles de manière à la fois documentée, pédagogique et pleine d’humour...

 

 

Sur les poils

  • Vidéos

A l'origine de l'épilation comme injonction féminine, France Culture, 2020
https://www.youtube.com/watch?v=Rwdn1FHzXgI

 

Cachez-moi ce poil...

Si le corps féminin est célébré par les artistes, sa pilosité, associée au sexe et à l’animalité, est condamnée par la société. De la peinture au cinéma, petite anthologie des censures velues.

https://www.youtube.com/watch?v=98uk6ZBS4os

(depuis notre mise en ligne youtube a imposé une limite d'âge car la vidéo pourrait être "inappropriée pour certains utilisateurs"... il serait intéressant de chercher ce qui choque tant Youtube)

 
Mes poils, transgressifs ?
 

Le moindre poil sur le corps d’une femme suscite le dégoût. Pourquoi le corps féminin doit-il être glabre ? A quoi l’obligation sociale de l’épilation correspond-elle ?
Sur la chaine Youtube MARINETTE, FEMMES ET FEMINISTE de Marine Perrin.

Poilorama. Une serie ARTE en 10 épisodes de 4 à 6 minutes disponible sur youtube 
https://vimeo.com/search?q=poilorama

Les poils. Entre meufs n° 8
https://www.youtube.com/watch?v=ZXOcosS1J0U

Série Libres d'Ovidie sur ARTE (2021)
https://www.arte.tv/fr/videos/094356-010-A/libres/

 

  • Une étude

Claire Simon, L'image du poil, mémoire de master 2, ENS Louis Lumière, Spécialité Photographie, 2017 
https://www.ens-louis-lumiere.fr/sites/default/files/2017-08/Simon_Photo_2017.pdf

 

  • Articles

Pourquoi déteste-t-on les femmes poilues
http://www.slate.fr/societe/pourquoi-detester/pourquoi-deteste-on-femmes-poilues

 

Défense du poil contre la didacture de l'épilation intime
http://www.fauteusesdetrouble.fr/2011/02/%C2%AB%C2%A0defense-du-poil-contre-la-dictature-de-l%E2%80%99epilation-intime%C2%A0%C2%BB-de-stephane-rose/

 

Entretien avec Stéphane Rose
http://www.fauteusesdetrouble.fr/2011/02/entretien-avec-stephane-rose-auteur-de-defense-du-poil-contre-la-dictature-de-l%E2%80%99epilation-intime/

Extraits :

L’épilation intégrale, qui s’est imposée dans le cinéma porno, a dicté une norme du corps féminin désirable pour les hommes. Cette norme-là, par effet de pression sur les femmes, a été intégrée par les femmes elles-mêmes. Les différentes étapes du ratiboisage des poils pubiens féminins, c’est-à-dire le maillot, puis le ticket de métro, puis l’intégrale, année après année, suivent exactement la façon dont ça s’est produit par étapes dans la pornographie. La presse féminine a relayé ça, et le piège s’est refermé…

... l’épilation est devenue un marché, et le marché de l’épilation a brassé tout ce qu’il pouvait pour s’étendre, c’est-à-dire une certaine tendance, hygiéniste effectivement, à l’aseptisation des corps, à la peur du microbe, de tout ce qui dépasse.

... Associé à ça, un goût de plus en plus jeuniste pour le corps désirable considéré comme perpétuellement jeune : on veut des jeunes filles sans gras, on ne veut pas de poils, on ne veut rien qui dépasse de cet idéal. Si elles ont des gros seins, il faut que ce soient de gros seins siliconés, mais ça ne peut pas être des poitrines un peu tombantes. Il y a une espèce de modèle poupée Barbie, qui nous vient des États-Unis, et même de la Californie, et qui a envahi le monde.

 

Comment l'épilation du maillot vise à remettre les femmes à leur place
https://www.buzzfeed.com/daphneeleportois/ce-que-lepilation-du-maillot-revele-ce-nest-pas-juste-le?utm_term=.xgmxoV5Ywm#.qlrN2lGo3q

 

Dressage au collège : comprendre par l'humiliation qu'il "faut" s'épiler
https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20170719.OBS2289/dressage-au-college-comprendre-par-l-humiliation-qu-il-faut-s-epiler.html

 

Les hommes nus, à rebrousse-poil
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2016/01/31/les-hommes-nus-a-rebrousse-poil_4856692_4500055.html 

 

Chez les hommes, les poils se font la malle,
"Plus de la moitié d’entre eux s’épilent les parties génitales, et nombreux s’attaquent aussi aux aisselles ou au sillon interfessier..."
https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2021/02/13/chez-les-hommes-les-poils-se-font-la-malle_6069877_4497916.html

 

Sexualité : avec ou sans poils ?

Extrait :

"... Ainsi que le note Pierre Griffet, auteur en France d'un blog sur la pilosité, il fut un temps, dans les années 70 où les femmes avaient le droit de s'afficher avec ou sans poils, sans que personne ne s'en offusque. Dans les années 80, le poil disparaissait en été, puis, la décennie suivante, il n'apparaissait à aucune des quatre saisons. Depuis le début du XXIe siècle, sont apparus les pilophobes, qui ont un malin plaisir à insulter les rares femmes qui osent encore afficher quelques poils. On en arrive à des comportements équivalents à ceux pourtant si décriés de certains pays intégristes, en menaçant de mort les femmes qui résistent à cette nouvelle tendance machiste de vouloir que le corps féminin garde un aspect infantile. Car après tout et pour reprendre l'expression de l'anthropologue Françoise Héritier, il importe que dans les patriarcats la femme reste pour l'homme une « cadette »...

"... Et comme le notait il y a quelques années le sexologue Gérard Zwang : « Renoncer à sa toison pubienne, à sa pilosité axillaire, à ses cheveux, voiler sa chevelure, son visage, autant de sacrifices auxquels sont contraintes les femmes partout où la féminité est suspecte, crainte ou haïe..."
http://www.terrafemina.com/vie-privee/sexo/articles/14371-sexualite--avec-ou-sans-poils-.html

 Le poil dans l'art occidental : désir ou animalité ?http://www.fauteusesdetrouble.fr/2011/02/le-poil-dans-lart-occidental-desir-ou-animalite/

 

Poils, bourrelets, cicatrices...les féministes pulvérisent les clichés sur Instagram
https://www.telerama.fr/scenes/poils,-bourrelets,-cicatrices...-les-feministes-pulverisent-les-cliches-sur-instagram,n5720197.php

 

Un tutoriel beauté Youtube consacrée à la barbe 
https://www.youtube.com/c/winslegue

 

  • Témoignages

Imparfaites, libres et heureuses

 

  • Une BD

Au poil! de Klair Fait Grr 

"Le livre le plus drôle jamais écrit sur le poil ! Comment s'épiler avec un ouvre-boîte et un reste de vin de blanc ? Comment Jeanne d'Arc a-t-elle failli révolutionner l'épilation du maillot en ticket de métro ? Comment cacher ses repousses en se scotchant des moufles sous les aisselles ? L'épilateur électrique est-il une invention du Malin ? Et surtout : quelle grosse boulette ont bien pu faire les femmes pour MERITER ÇA ?"

 

  • Livres

Histoire du poil.
Marie-France Auzepy, Joël Cornette, Belin, 2011

"Le poil a une histoire... Cet ouvrage, très documenté, la retrace en nous révélant l'infinie diversité des adaptations et des déclinaisons du poil à travers les époques, les civilisations et les continents. Car partout le poil a été - et n'a cessé d'être - un marqueur de comportement, un signe politique, un indice social, éthique et religieux, qu'il s'agisse du monde hébraïque, chrétien, islamique ou extrême oriental...
Ainsi, du poil biblique au poil freudien en passant par celui des Poilus, chacun trouvera « son poil » dans cette étude riche en surprises et inattendus et, l'esprit aiguisé par la curiosité, il pourra, au fil de sa lecture, s'en tisser d'autres".

 

Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité. Le sens du poil.
Etudes réunies par Bertrand Lançon et Marie-Hélène Delavaud-Roux.
Le Corps en question, L'Harmatan, 2011

"Les cheveux et les poils sont des signes. Ils définissent les apparences et ne sont aucunement superficiels. Leur absence, leur longueur, leurs formes et leurs couleurs désignent ou veulent désigner quelque chose dans une société donnée, à un moment donné. Cheveux et poils sont les éléments les plus aisément transformables ou escamotables du corps humain, ils restent des identifiants remarquables des personnes. Ils viennent dire aux autres quelque chose de soi, de son rapport au monde et à la société".

 

Trichologiques - Une anthropologie des cheveux et des poils
Christian Bromberger, Fayard, 2010

"Pourquoi s'intéresser à l'art d'accommoder ses cheveux et ses poils ? Comment un sujet si ténu en apparence peut-il amener à se poser de grandes questions ? Se fondant sur ses propres enquêtes ethnographiques (en Iran, dans les pays méditerranéens, à Hokkaido, dans le service de cancérologie d'un hôpital...) et sur une documentation considérable qui n'ignore aucun continent ni aucune période de l'histoire, Christian Bromberger raconte ses diverses rencontres avec les cheveux et les poils. Parce qu'elle se prête, sans grand risque, aux traitements les plus divers, du rasage au frisage, de la dissimulation à l'ornementation, la pilosité offre de singulières propriétés pour symboliser les différences entre les sexes, entre les statuts sociaux, entre populations voisines ou lointaines mais aussi entre soumis et insoumis, entre l'ordre du monastère et l'errance de l'ermite, entre le civilisé et le sauvage..."


Radio

Haro sur les poils! Causette, 2020
https://open.spotify.com/episode/5C4O8lrXNGIuAsB0g5QshH?go=1&utm_source=embed_v3&t=0&nd=1 

 

Histoire du poil. Entretien avec Joël Cornette, historien, professeur à l’université Paris VIII qui codirige une Histoire du poil , ouvrage collectif publié chez Belin. 
https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/histoire-du-poil

 

Sur le sexe/la sexualité des femmes

  • Vidéos

Série "Clit Revolution "
https://www.youtube.com/playlist?list=PLE7XZO5PXeLXRldGXFqS8hrCSnVGuOKq_

 

Cachez ce sexe que je ne saurais voir!

"Les monologues du Vagin" c’était il y a 20 ans. Cette pièce, de la féministe américaine Eve Ensler est encore jouée partout dans le monde. À l’époque, c’était une révolution : entendre des femmes parler de leur sexe, de son aspect, de la violence, du désir… Aujourd’hui, où en est-on ? Les femmes connaissent-elles mieux leur sexe et surtout, est-ce qu’elles l’aiment mieux ? C’est ce que se demande ce premier numéro de Kreatur, l’émission féministe d’Arte."
https://www.arte.tv/fr/videos/081155-000-F/kreatur-n-1-cachez-ce-sexe-que-je-ne-saurais-voir/

 

Venus : confessions à nu

"Au Danemark, deux réalisatrices trentenaires lancent un appel à casting féminin pour un film érotique basé sur des expériences réelles. Une centaine de candidates, de leur âge ou plus jeunes, répondent spontanément à l’annonce. Dans un studio improvisé, les auditions commencent sous forme de dialogues entre les filmeuses et celles qui leur font face, une à une. 
https://www.youtube.com/watch?v=qoUaOSd2tME

 

  •  Comptes instagram

https://www.instagram.com/jouissance.club/

https://www.instagram.com/jemenbatsleclito/

https://www.instagram.com/clitrevolution/

https://www.instagram.com/the.vulva.gallery/?hl=fr

https://www.instagram.com/tasjoui/?hl=fr

 

  • Articles
Education : le clitoris passe en mode manuels (2019)
A l’occasion de la refonte des programmes de seconde, cinq livres de SVT sur sept représentent enfin l’organe sexuel féminin de façon complète. En 2017, lors des changements de programmes du collège, Magnard était le seul éditeur à le faire.
https://www.liberation.fr/futurs/2019/10/31/education-le-clitoris-passe-en-mode-manuels_1760869/
 

Une vulve n'est pas un vagin. Lisons ces deux médecins norvégiens.
https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180409.OBS4865/une-vulve-n-est-pas-un-vagin-lisons-ces-deux-medecins-norvegiennes.html 

 

Imprimer un clitoris en 3D ? "Impossible de parler de sexualité en classe sans le montrer"
https://www.nouvelobs.com/societe/20160803.OBS5774/imprimer-un-clitoris-en-3d-impossible-de-parler-de-sexualite-en-classe-sans-le-montrer.html 

Extrait

En quoi ce clitoris à taille réelle contribuera-t-il à l’éducation des enfants ?

- Il me semble impossible de parler de sexualité en classe sans montrer à quoi ressemble le clitoris, car comme le pénis, il est la source primaire du plaisir sexuel. De même qu'il existe des squelettes, disposer d'un modèle de cet organe en entier et à sa taille réelle aidera à faire comprendre que les filles n’ont pas qu’un orifice "entre les jambes" et que leur plaisir n'est pas plus mystérieux que celui des hommes ! Des enseignants de SVT s'en sont en tout cas d'ores et déjà saisis. Le site svt-egalite.fr a mis à disposition le fichier permettant de réaliser l'impression.

Pourquoi, aujourd’hui encore, un flou demeure autour du clitoris ?

- D'abord, la médecine s'est désintéressée de cet organe dès qu'on a compris qu'il n'était pas nécessaire que les femmes aient un orgasme pour qu'il y ait fécondation. L’attention généralisée pour le sexe masculin en sciences et en médecine a par ailleurs sans aucun doute renforcé ce désintérêt : le plaisir des femmes n’était pas perçu comme une question intéressante à étudier.

De plus, la théorie exposée par Freud dans sa leçon intitulée "La féminité" reste malheureusement encore très prégnante en France et continue de faire beaucoup de dégâts. Le psychiatre y explique que le développement psychosexuel normal d'une femme implique que le lieu de son plaisir sexuel soit transféré vers le vagin, car le plaisir provenant du clitoris est infantile.

En ce qui concerne les programmes et manuels scolaires français : parler de reproduction ne pose pas ou peu de problème, mais parler de plaisir sexuel est une tout autre histoire. Or contrairement au pénis pour l’homme, la représentation du clitoris ne s’impose pas de soi quand on réalise un schéma des organes reproducteurs féminins. D’ailleurs un plan de coupe de ces organes induit au contraire qu’on n'en voie qu'une petite partie.

Voir aussi : 
https://odilefillod.wixsite.com/clitoris

Odile Fillod, la chercheuse qui a permis aux femmes de prendre leur plaisir en main
http://www.slate.fr/story/168497/odile-fillod-chercheuse-modele-clitoris-impression-3d

 

Dans ce kit, il y a le sexe des femmes. Et c'est bien.
https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20171121.OBS7589/dans-ce-kit-il-y-a-le-sexe-des-femmes-et-c-est-bien.html

 

Le marketing du vagin: quand le marché de la beauté s’attaque à l’intime
http://www.slate.fr/story/62121/marketing-vagin-beaute

 

Un site internet LES FRANGINES
Les Frangines, c’est un collectif de jeunes femmes qui souhaitent transmettre leurs réflexions féministes sur les sexualités des femmes. 
https://www.lesfrangines.olf.site/

 

  • Radio

Au delà du clitoris, France Culture, 2020
https://www.franceculture.fr/emissions/series/au-dela-du-clitoris?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR0ClRmHPbD40S6CgDzSEMK6cFhggRAtCyL9A2yeE-o3wc2OymHgIZuke04#Echobox=1601010640

 

 

  • Une bande dessinée

L'Origine du monde, Liv Strömquist, Rackam, 2016

"Une certaine partie du corps de la femme, celle que Gustave Courbet a évoqué dans son tableau L’origine du monde, a suscité et continue de susciter l’intérêt un peu trop “vif “ de certains représentants de la gent masculine. C’est ainsi que le Dr. Kellogs, l’inventeur des corn-flakes, a pu affirmer que la masturbation provoque le cancer de l’utérus et le Dr. Baker Brown a pu préconiser l’éradication de l’onanisme féminin par l’ablation du clitoris (la dernière a été pratiquée en 1948 !). Si le corps médical n’y va pas avec le dos de la cuillère, les philosophes ne sont pas en reste. Jean-Paul Sartre peut ainsi écrire “… le sexe féminin… est un appel d’être, comme d’ailleurs tous les trous”…
Sous la plume acérée de Liv Strömquist, défile toute une galerie de personnages (pères de l’église et de la psychanalyse, pédagogues, sexologues) dont les théories et les diagnostics ont eu des conséquences dévastatrices sur la sexualité de la femme.... Liv Strömquist lève le voile sur des siècles de répression sexuelle et fait voler en éclats toutes les idées fausses autour du sexe féminin, sans oublier d’égratigner – au passage – l’obsession de notre culture pour la sexualité binaire."

 

  • Un livre

Les joies d'en bas de Nina Brochmann et E. Stokkendahl, Actes Sud, 2018

"On s’imagine tout savoir sur l’organe sexuel féminin, car il en est souvent question dans les magazines et sur Internet. Mais voilà que Les Joies d’en bas, écrit par deux futures praticiennes norvégiennes et traduit dans une trentaine de langues, dissipe enfin un ensemble de mythes ou de fausses vérités entourant le sexe. Non, on ne peut pas constater médicalement si une fille est en­core vierge. Non, l’orgasme purement “vaginal” n’existe pas. Et le clitoris n’est pas un bouton magique sur le­quel il suffit d’appuyer…
En faisant état des tout derniers résultats de la re­cherche, ce livre révèle la face cachée du clitoris, retrace la ronde des hormones qui orchestrent les menstrua­tions, fait le tour des différents types de contraception… et met enfin le doigt sur le fameux point G..."

 

Sur la sexualité des hommes

Les hommes connaissent-ils mal leur sexe? 2020
Désir, émotions érotiques, plaisir prostatique, vasectomie: mal informés, les hommes en 2020 ont encore du mal à discuter de leur membre sans rougir.
http://www.slate.fr/story/187755/hommes-connaissance-sexe-urologie-sexologie

Tout sur la bite (podcast)
https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/tout-sur-la-bite 

Les orgasmes masculins (podcast)
https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/les-orgasmes-masculins

 

Genéral

  • Une série d'articles 

L'impuissance comme idéal de beauté des femmes, écrits par Noémie Renard entre 2016 et 2017 
https://antisexisme.net/2016/01/02/impuissance-01/

  •  Etudes 

Epilation intégrale, complexes sur la taille du pénis,...
Enquête sur l’influence des films X sur le rapport au corps et la vie sexuelle des Français (2014).
https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/03/2609-1-study_file.pdf

De nouveaux hommes ? Les cahiers de l'Observatoire Nivéa
https://www.researchgate.net/publication/321886744_Peaux_male_et_papier_glace_in_De_nouveaux_hommes_Cahiers_de_l'Observatoire_Nivea_n_9 

 

  • Un livre

Sex and the series. Sexualités féminines, une révolution télévisuelle, Iris Brey, Sopa Editions, 2016.

"Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle révolution sexuelle ? C'est ce qui apparait quand on lit l'essai d'Iris Brey, Sex & the séries - Sexualités féminines,une révolution télévisuelle. En s'appuyant sur des oeuvres télévisuelles d'hier et d'aujourd'hui, l'auteure nous démontre comment la représentation de la femme y a évolué et comment elle s'est libérée des carcans instaurés par le cinéma. Liberté, sexe et sensualité connaissent un âge d'or sur le petit écran et nourrissent les esprits d'une nouvelle génération de femmes prêtes à prendre la relève".

 

  •  Un entretien

Sexualité féminine et séries TV : une révolution ?

 

Conférence d'Iris Brey, journaliste et universitaire, auteure du livre "Sex and the series" le 20/04/2015 au Forum des images à Paris, dans le cadre du Festival Séries Mania, saison 6.