Recherche
en cours

Niveau

Tous

Mots clef

Tous

BANDE DE FILLES (extrait)

Fiche Annotation
Méthode Analyse Prolongements

Thématiques

Mixité, Corps, Sport, Sexisme/Violence

Niveaux

Collège, Lycée

Bande de Filles est un film de Cécile Sciamma.Avec : Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh, Mariétou Touré, Idrissa Diabaté,(c) Hold-up films - Lilies films - Arte France Cinéma - 2014

Intention pédagogique 

Réfléchir à la place des femmes dans l'espace public et aux rapports de force en présence ; introduire une réflexion sur la mixité dans le sport et la représentation des sportives.

 

Pistes d'exploitation

Regarder l'extrait et travailler en petits groupes sur les deux séquences ; proposer aux élèves d'annoter l'extrait en les guidant avec les questions proposées dans l'analyse.

 

Sur le film:

https://cafedesimages.fr/lyceens-au-cinema/Bande-de-filles-fiche-interactive.pdf

http://www.cnc.fr/web/fr/dossiers-maitre-lyceens/-/ressources/10033478

 

Introduction

"ll existe un impensé, que le ville serait faite par et pour toutes et tous. De fait ce n’est pas le cas, la ville, les territoires, mettent physiquement en relief, rendent visibles pour peu qu’on s’y attache, les inégalités construites entre les identités... ...Mettre cette complexité en lumière, c’est offrir une image plus nuancée, plus riche, moins stéréotypée, plus dynamique aussi de nos territoires et de celles et ceux qui y vivent. Réduites à des normes très réductrices, femmes et hommes sont enfermés dans des rôles, articulés dans un système de domination des uns sur les autres. En ce qui concerne la ville et les territoires, pour citer la géographe Claire Hancock « femmes et autres n’ont pas même légitimité à y prendre place ». De la même manière, les territoires eux-mêmes sont qualifiés, normés, enfermés dans des « labels ": quartier sensible, chic, bobo, résidentiel, zone rurale, péri-urbaine, de province ", autant de dénomination qui « enferment » dans une certaine idée des territoires. Cette vision, elle aussi très stéréotypée, fait perdurer des déséquilibres et réduit le champ des possibles en termes d’organisation et d’aménagement..."
 
  • Questions sur l'extrait (des éléments de réponse vous sont fournis dans l'annotation)

(Note : nous étudions cet extrait indépendamment du reste du film  postulant qu'une partie des élèves ne l'a pas vu ; c'est pourquoi nous ne relevons pas les éléments signifiants par rapport à l'histoire).

Première séquence (du noir au noir) commenter/analyser :

  • L'entrée dans le stade
  • L'équipement (de quel sport s'agit-il) ?
  • Le casque : que vous évoque-t-il ?
  • Le jeu (et tout particulièrement l'engagement et l'impact physique)
  • Le rôle de la musique
  • L'irruption du son direct (les voix)
  • l'espace vide (sans spectateurs)
  • l'ambiance nocturne
  • Le deuxième noir (quelle valeur ?)

 

 Note : texte de l'extrait de la chanson de Light Asylum "Dark Allies" (https://www.youtube.com/watch?v=wp9_RAnAjSg)

 

Deuxième séquence : retour à la maison, commenter/analyser:

  • Où habitent-elles ?
  • Comment se passe le retour à la maison ? 
  • Comment sont représentés les garçons? Pourquoi ?
  • Comment se comportent les filles ?
  • Pourquoi les filles se taisent-elles ?
  • Que risquent-elles ? Pourquoi ?
  • Quelles sont les règles dans la cité ?

 

 Comparer dans les deux séquences:

  • la lumière
  • la bande-son

 

Questions générales

  • Que vous dit cet extrait à propos du partage de l'espace public (ici celui de la cité) ?
  • Avez-vous observé d'autres situations et/ou d'autres lieux qui témoignent de la même répartition genrée ?
  • Quelles seraient vos propositions concrêtes pour que les femmes et les hommes aient leur place à égalité dans l'espace public ? (s'aider des ressources citées dans les Prolongements)
  • Qu'en est-il dans votre collège/lycée ? Dans votre lieu de vie ? Dans les transports ?
  • Quelles sont les injonctions intériorisées par les filles, les femmes quant à la façon de se tenir, de s'habiller, etc... dans l'espace public ?
  • Idem pour les garçons, les hommes.
  • Sports féminins, sports masculins : d'après vous les pratiques sportives sont-elles sexuées ? Justifier.

 

 

 

 

 

 

Autres propositions sur Genrimages

Sur le partage de l'espace de la cour de récréation

ESPACE (extrait)

(voir toutes les ressources documentaires sur la mixité dans l'espace public proposées dans les PROLONGEMENTS)

Sur le sport

(voir toutes les ressources documentaires sur la mixité dans le sport proposées dans les PROLONGEMENTS et l'introduction de la partie ANALYSE avec des photos de sportives)

  • Visuels à annoter ou à commenter (sur le sport)

A ANNOTER : CAMPAGNE CREDIT AGRICOLE FOOT FEMININ 2015
A ANNOTER : Coupe de france Féminine FFF, 2013
A ANNOTER : OPEN BASKET FEMININ 2013
A ANNOTER : OPEN INTERNATIONAL DE TENNIS FEMININ DU TOUQUET, 2013
A ANNOTER : RC CANNES VOLLEY BALL

  • Une conférence d' Anaïs Bohuon, maitresse de conférences STAPS, au Centre Hubertine Auclert.

 

  •  Un diaporama sonore

Ce diaporama sonore de Camilo León-Quijano «Les rugbywomen : plaquer les stéréotypes», consacré à un club de rugby féminin de Sarcelles (Val-d'Oise) a obtenu le Prix du Diaporama Sonore 2017.

Autre proposition pédagogique

Le manspreading 

proposer aux élèves de commenter le visuel ci-dessous; que nous apprend-t-il sur la répartition genrée de l'espace public ?

Une silouette d'homme jambes écartées sur un siège de métro : il empiète sur le siège d'à côté.

voir: http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/07/06/comment-le-manspreading-est-devenu-un-objet-de-lutte-feministe_5156949_4832693.html

 

Sport

Regarder et commenter:

 

Documentation sur l'espace public

Site

http://www.genre-et-ville.org/

"GENRE ET VILLE EST UNE PLATEFORME D’INNOVATION URBAINE Think Tank et Do Tank, plateforme de recherche et d’action, Genre et Ville est composées d’urbanistes, de sociologues, d’architectes, d’artistes, dont l’objet est de rendre les territoires égalitaires et inclusifs. En agissant par l’urbanisme, l’aménagement urbain, l’architecture et l’organisation sociale, nos actions interrogent et transforment les territoires par le prisme du genre de manière intersectionnelle, c’est à dire en incluant les questions de normes de genre, d’âge, d’origine sociale et culturelle, d’identité, d’orientation sexuelle. Notre travail est nourri par la géographie critique, les études de genre, l’anthropologie urbaine, l’art féministe et politique."

 

Entretiens

Extrait:

Comment les femmes occupent-elles l’espace public?

Les femmes ne sont pas absentes de l’espace public, elles en développent une occupation particulière. Les hommes l’occupent, les femmes s’y occupent… Elles gèrent les fonctions d’accompagnement, les courses, les enfants. Elles sont rarement dans une situation de flânerie ou de détente sur un banc. Cela est lié aux injonctions que les femmes reçoivent depuis toujours. Enfants, dès la cour d’école, elles apprennent les frontières à ne pas dépasser, comme l’explique la géographe Edith Maruéjouls dans son étude sur l’accès aux loisirs des jeunes, alors que les garçons sont encouragés à oser, à se dépasser, à prendre le territoire. Par ailleurs, les normes de genre imposent de nombreuses contraintes aux femmes : bien se tenir, surveiller sa mise, ne pas risquer d’être perçue comme « facile ». De fait, elles sont sous contrôle permanent : le vêtement trop court ou trop long, trop voyant ou pas assez seyant, tout est prétexte à les juger. Résultat, elles ont des stratégies vestimentaires, des stratégies pour leurs déplacements, des stratégies dans leurs attitudes. Plutôt que de s’exposer, elles s’autocensurent. Seuls certains espaces semblent échapper à la règle, les parcs par exemple, et encore, pas à n’importe quelle heure. Dans ces lieux plus propices à la détente, les sociabilités sont différentes, l’espace est mieux partagé, moins normé autour d’activités spécifiquement masculines comme sur les terrains de sport.

Extrait:

La question de la place (symbolique comme littérale) des femmes est encore aujourd’hui conditionnée par le regard des hommes. Existe-t-il selon vous une solution « urbaine » possible pour modifier ce regard, et surtout pour s’en émanciper ?

Je pense qu’il ne faut pas poser la question du regard des hommes qu’aux femmes. Les hommes ont-ils envie d’être en permanence considérés comme des agresseurs potentiels ? La vraie question est celle aussi de l’émancipation des hommes pour qu’ils aient la possibilité de se positionner différemment. La question du regard masculin est une question de changement, d’évolution de pensée, qui nécessite une déconstruction de la pensée dominante actuelle. Là encore c’est une question de partage, partage du diagnostic, des objectifs, des outils, de la méthodologie et des impacts.

  • Claire Servajean (France Inter) reçoit Chris Blache, cofondatrice et coordinatrice de "Genre et Ville", plateforme de recherche et d'action qui s'interroge et intervient sur cette question de la place des femmes et des hommes dans l'espace public.

  • Comment rendre l'espace urbain plus égalitaire entre les femmes et les hommes?

Articles

 

Compte-rendu

Comment créer de la mixité dans l'espace public?

 Etude

Les enjeux des espaces publics sur l'égalité femmes-hommes, Opinion Way
https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/?task=document.viewdoc&id=1723&Itemid=0

Un webdoc

La ville se donne-t-elle un genre ?
http://www.webdoc-womenability.org/#ACCUEIL

 

Documentation sur  le sport

Articles sur des femmes qui jouent au football américain

http://www.lesinrocks.com/2015/09/23/actualite/societe/reportage-chez-les-dragons-une-equipe-francaise-de-football-americain-feminine-11774305/

http://www.leparisien.fr/informations/le-foot-americain-version-filles-28-03-2015-4644173.php

 

Un magazine

Les sportives
http://les-sportives-mag.fr/

Articles

Extraits

Dans l’optique de vendre le spectacle sportif des femmes et surtout de rétablir l’ordre établi en matière de représentations des normes de genres dans le sport, les institutions sportives tentent de sexualiser le corps des athlètes selon les normes hétéronormatives, par exemple, en leur imposant le port de la jupe ou de la robe lors des compétitions. Et malgré des évolutions récentes comme la campagne publicitaire Crédit Agricole en soutien à l’équipe de France de football lors du dernier mondial qui insiste sur les performances des sportives, les campagnes de communication érotisent souvent le corps des femmes dans le sport ce qui est rarement le cas pour les hommes...

Selon Isabelle Lefèvre, professeure en Staps, la jupe est un marqueur qui permet, lorsque les sportives arborent les apparats associés habituellement à la virilité (muscles, performance physique, agressivité) de juxtaposer des critères permettant d’assigner aux femmes des normes de «la féminité» traditionnelle. Pour Elsa Dorlin, professeure de philosophie politique et sociale, la gouvernance internationale du sport préfère les sportives qui n’ont pas l’air de l’être, la performance de genre pouvant rapporter plus que la performance sportive. Par ailleurs, la promotion d’une image hétérosexuelle du spectacle sportif des femmes a pour fonction d’invisibiliser les lesbiennes qui sont perçues comme «déviantes», selon une vision hétérocentrée et hétérosexiste de la culture sportive...

 

Sites

  • Les dégommeuses, pour la promotion du foot féminin et la lutte contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations
    http://www.lesdegommeuses.org/